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La Turn, tournant




Maîtriser le jeu à la

turn

 serait ce qui "separates the men from the boy" à en croire les experts. Jouer à la turn est effectivement parfois complexe et la valeur de la main, le nombre d’adversaires, et le comportement du joueur lors des tours précédents sont autant d’éléments qui doivent guider le joueur dans la décision à prendre lors de ce quatrième tour d’enchères. A la turn, les joueurs jouent en général en se fondant sur la valeur réelle des mains. Il est rare de sous-jouer à la turn et il est moins fréquent de voir des joueurs bluffer à la turn en loose games. Cependant, le semi-bluff est une stratégie très régulièrement employée à ce stade du coup. D’autre part de nombreux joueurs ont tendance à abuser du free card raise au flop avec tout type de main, même des weak draws. Dès lors, leurs adversaires tendent à attendre la turn pour raiser et dévoiler la force de leurs mains ce qui renforce encore la légitimité des raises à la turn.




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Depuis la publication des premiers ouvrages de D. Sklansky, jouer à la

turn

 peut se résumer à jouer agressivement les made hands et d’une manière générale les mains ne disposant que de peu d’outs, et à jouer passivement les mains qui disposent de nombreux outs comme les tirages. L’agressivité est une des clefs du jeu à la turn, mais il ne faut pas abuser des turn raise pour qu’ils restent respectés. Cependant, il est possible de raiser à la turn avec une made hand, avec une main qui à de très fortes chances de s’améliorer ou contre des joueurs passifs (avec l’intention de checker la river) et des joueurs agressifs dans le cadre du delayed bluff. Une situation classique met en jeu un joueur qui après avoir raisé préflop avec TT/AQs/AKo à jouer agressivement la top paire ou l’overpaire au flop. Dans cette situation, il convient en général de better/raiser. Le check-raise est également une bonne option. Cependant, le check-raise sera à privilégier depuis les premières positions et/ou en multiway pot. Il faut éviter de le pratiquer si souvent que les adversaires vont nécessairement l’anticiper et ne better qu’avec de très -très- bonnes mains. D. Sklansky recommande de check-raiser avec 60% des mains. Pour varier le jeu, il convient également de checker certaines made hands pour que le joueur soit plus difficile à lire pour ses adversaires. Le joueur placé dans une position défavorable devra encore plus souvent better, et ce, même si le tableau ne semble pas particulièrement favoriser les tirages car il a de bonne chance de gagner le pot immédiatement. Lorsque le tableau est très favorable aux quintes et aux flushs, la même stratégie s’applique, cependant, il conviendra souvent de folder la main si un adversaire check-raise comme lorsque le joueur bets avec AK mais qu’un adversaire raise le tableau K◊Q◊5♣9◊. Par ailleurs avec une bonne main, comme deux paires, alors que le tableau favorise les tirages, il est préférable de check-caller pour espérer trouver un full à la river. Cependant, contre moins de trois adversaires, better avec deux paires sur ce type de tableau est souvent la meilleure solution. Par exemple, le joueur détient A♠A◊ sur le tableau T♥8♣4♣6♥ face à 4 adversaires, ici il convient de better car AA est probablement la meilleure main et de checker si à la river apparaît un ♣ ou un 7. Il serait une erreur de checker la turn et better la river si aucune de ces cartes n’apparaît car les adversaires pourraient bénéficier d’une carte gratuite. Un cas moins favorable est celui du joueur ayant QQ sur le tableau 762K avec 3 adversaires. Ici le K peut apparaître comme une scare card mais autant pour le joueur que pour ses adversaires. Si le joueur a jouer QQ très agressivement depuis le début du coup il est nécessaire de better malgré le K. Par exception, seule la taille du pot peut justifier de checker une made hand à la turn dès lors qu’aucun joueur ne semble sur un tirage et qu’il y a peu de scare cards. Ici checker, vise à inviter l’adversaire à better la river avec, par exemple, la seconde paire.


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Contre deux joueurs dont un tirage
vs bettor 2 outs 3 outs 4 outs 5 outs
80% 3 1 <1 <1
70% 7 3 2 1
60% 11 6 4 2
50% 18 11 7 5
40% 26 16 11 8
30% 39 25 18 14
20% 62 40 29 23


Si dès les limites à $2/$4, la turn se joue souvent en head up, il est fréquent de se retrouver face à deux adversaires, l’un sur un tirage, l’autre détenant une made hand. Afin de maximiser l’e.v. à ce stade du coup A. Jalib à élaboré une table qui dérive des travaux d’Andy Morton. La table ci-dessus illustre la stratégie à adopter lorsque le joueur se trouve avec à sa droite une made hand et à sa gauche un joueur sur un weak draw. La conclusion des travaux d'A. Jalib est que le joueur doit raiser s’il est nécessaire de faire folder le weak draw. Par exemple, si l’adversaire en late position à un tirage à 4 outs, le joueur devra raiser si il estime avoir une chance sur deux de battre le bettor dès que le pot contient 7 big bets. Dans ce cas, même si l'adversaire n’a pas le pot odds suffisant pour caller, le joueur à intérêt à le voir folder rompant ainsi avec le théorème fondamental du poker. Ainsi, l’agressivité est la meilleure stratégie lorsque le joueur détient une main qui à des chances raisonnables de s’imposer. Suivant la nature de la main, l’agressivité vise plutôt à grossir le pot ou à défendre à la main. Cependant, l’agressivité peut également être la meilleure stratégie lorsque le joueur dispose d’une main faible ou très vulnérable à ce stade du coup. Il s’agit par exemple du joueur qui a AK en main mais que la main ne s’est pas améliorée. En premier lieu, le pur bluff est à proscrire contre des joueurs incapables de folder des mains moyennes. Ensuite, le nombre d’adversaires doit être réduit à un ou deux. Enfin, si il convient en général de better lorsque le joueur est en dernière position et que tous les adversaires ont checké, il faut prendre en compte la possibilité qu’un adversaires check-raise ce qui pourra contraindre un joueur détenant un tirage à folder alors qu’il aurait pu voir la river en checkant. Par exemple sur le tableau J♣7♥5♠A◊, en head up, le joueur détenant JTs à intérêt à better pour faire folder T9s mais devra folder face à un raise dès lors que l’adversaire peut avoir AJ, A♣K♣ ou même 77. En particulier, les joueurs ont légitimement intérêt à check-raiser la turn lorsque leur main s’améliore fortement si un de leur adversaire à été agressif au flop. En effet, le joueur qui a été agressif au flop va probablement re-better la turn, dès lors le check raise à toutes les chances de fonctionner.


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Lorsque le joueur est sur un tirage, il convient en général de checker mais better est possible avec plus de 9 outs, car même si les adversaires ne foldent pas, la main conservent des chances de s’améliorer à la river. Mais, avec un tirage comme avec une main dont la valeur est incertaine, il est nécessaire de checker et caller. Cependant, outre le pot odds, il faut prendre en compte la probabilité que même si la main s’améliore à la river, elle peut ne pas s’imposer, comme lorsqu'un adversaire obtient une couleur qui donne une meilleure couleur ou un full à un adversaire. De même checker et caller est la bonne solution lorsqu’un adversaire obtient sont tirage couleur à la turn mais que le joueur a en main l’as de la couleur Le semi-bluff est une bonne option à la turn quand le joueur dispose d’un tirage non classique, c’est à dire avec plus de 9 outs. Par exemple, avec K♥T◊ sur le tableau 9♥8◊3♠J♥ en head up, un raise peut paire folder Q9 ou AK. Et si l’adversaire call, KTo dispose encore de 11 outs pour s’améliorer et s’imposer. Afin de déterminer, si il convient ou non de caller avec une main marginale ou un tirage, A. Jalib recommande de caller dès lors que le montant total (estimé) du pot à l'abattage plus un multiplié par le nombre d'outs dépasse 48. Cependant, globalement, il convient de check-caller un big bet avec 8 ou 9 outs dès lors que le pot odds est de 5:1 et de raiser avec plus 12 outs.  Dans le même sens K. Yao à élaboré la méthode D.I.P.O. qui reprend le système d' Abdul Jalib.


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Lorsqu’un adversaire relance à la turn, il faut considérer que le raise est légitime. Hors du cas des joueurs très agressifs, les joueurs expriment la réelle valeur de leur main à la turn et une relance implique généralement que le joueur ait des chances réelles de s’imposer à l’abattage. En conséquence, face à un raise, avec un set ou mieux les deux alternatives sont call ou raise mais avec des mains plus fragiles, les deux alternatives sont fold ou call. Ainsi, si un adversaire raise après un bettor et un caller, il convient souvent de folder des mains comme la top paire. A. Prock précise que "is that when you are raised, it is preferable to hold a hand like second pair good kicker than a hand like top pair bad kicker. You'll beat the same number of bluffs, but if you're beat you'll have more outs. In fact, if you are raised on the turn when holding top pair, bad kicker, you might consider folding. More to the point, if you hold second pair good kicker, you should also consider folding. Again, kicker issues are such that your effective outs are well below the five you might be counting on to make a call/call down profitable". Il en va de même si le joueur est en late position avec une main comme JJ sur un tableau QT82 après plusieurs callers. Ainsi, un raise à la turn exprime généralement une bonne main. Mais si certains ne bluffent jamais d’autres le pratiquent plus que de raison. Face à un turn raise, il est donc indispensable d’analyser les habitudes des adversaires. Par exemple, avec AJo et le tableau 8♣5◊3♠A♠ dans un 3-way pot. AJo bet en late position puis un adversaire check raise et un autre fold offrant à AJo un pot odds de 7 :1. Face à AK-AQ ou A8, AJ ne dispose que de trois outs et devrait jouer dans un coup à 15 :1. AJo n’est jouable que si l’adversaire à A5, A3, JX ou 8x, ce qui est peu probable et il convient donc de folder la top paire. Cependant, en général, même face à un raise, il est rare de devoir folder la top paire ou une overpaire si le tableau n’est pas connecté ni bicolore ou contre quelques adversaires si il n’y a pas plus de deux cartes du tableau dans la playing zone. Ainsi, à la turn, il est nécessaire de rééxaminer toutes les informations divulguées aux tours précédents car en bettant la turn, le joueur peut ensuite avoir à caller un big bet supplémentaire avant la river.


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En conclusion, il vaut mieux better la turn et checker la river que checker la turn et better la river pour éviter d'accorder une free card. Par ailleurs, trop de joueurs ont tendance à check-caller avec des mains légitimes, or better la turn permet de gagner de nombreux pots immédiatement. Et, si en dernière position, le joueur doit better la plupart de ses mains, out of position, il doit checker la plupart de ses mains dès lors qu’il à l’intention de check-folder, check-caller ou check-raiser for value dès lors qu’il dispose d’une made hand ou de plus de 15 outs.


Pour aller plus loin :
- Fading Turn Raises, A. Prock, A slave to variance.
- Some Late-Position Play, J. Brier, Cardplayer
- Turn play with made hand, Fil de discussion, R.G.P.
- Play on the turn, A. Jalib, R.G.P.
- Counterintuitive Play BTF and On the Turn, T. Perry, R.G.P.
- Turn and river decisions, T. Perry, R.G.P.
- Defending against semi-bluff turn raises, A. Jalib, R.G.P.
- Mason Malmuth 30/60 Holdem Turn Play, T. Perry, R.G.P.
- More turn stuff, A. Jalib, R.G.P.
- Turn problem, J. Morgan, R.G.P.
- Dealing with scare cards on the turn, T. Perry, R.G.P.
- How to deal with aggressive pot-stealers?, M. Hall, R.G.P.
- Should you Bet a Scary turn, B. Tanenbaum, Cardplayer
- Raising on the Turn, B. Tanenbaum, Cardplayer
- Getting the Most Out of the turn and River, D. Kimberg, Cardplayer
- Drawing for Scare Cards, D. Kimberg, Cardplayer
- Getting Played on Fourth, J. Brier, Cardplayer
- Betting the Turn 1, J. Brier, Cardplayer
- Betting the Turn 2, J. Brier, Cardplayer
- Fourth-Street Play, J. Brier, Cardplayer
- Some Fourth-Street Play, J. Brier, Cardplayer
- Turn Betting, J. Brier, Cardplayer
- Theory of Sucking Out, A. Jalib, POS.E.V.
- Going Too Far & Implicit Collusion , A. Morton, R.G.P.
- Essay #3... Opportunity Lost , A. Jalib, R.G.P.
- Hold'Em Poker for Advanced Players de M. Malmuth et D. Sklansky sur amazon.fr
- Weighing the Odds in Hold’em Poker de K. Yao sur amazon.fr
- Middle limit holdem de B. Ciaffone et J. Brier sur amazon.fr
- Poker essays vol. I de M. Malmuth sur amazon.fr
- Real Poker I et II de R. Cooke sur amazon.fr
- The complete book of holdem de G. Carson sur amazon.fr
- Internet texas holdem de M. Hilger sur amazon.fr
- Small Stakes Hold 'em de E. Miller, D. Sklansky et M. Malmuth sur amazon.fr
- Super system II de D. Brunson sur amazon.fr

11:00 | La Turn, tournant

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Commentaires

Bonjour,

Tout d'abord un grand bravo au rédacteur de ce mémento.
A la lecture de ces lignes, le joueur de Poker que je croyais être, reviens sur terre au bon milieu du troupeau des néophytes de cet art diaboliquement ensorcelant.

Hélas pour moi, ne maîtrisant pas la langue de SHAKESPEARE, la quantité de termes Anglais employés pour décliner les différentes phases de jeu, altère ma compréhension déjà mise à rude épreuve !!!

En conclusion, existe t'il un ouvrage susceptible de lever cette barrière ?

Cordiales salutations

Jean Claude TORRES

Ecrit par : TORRES JEAN CLAUDE | 14 décembre 2005

Le glossaire sur le forum de clubpoker.net : http://www.clubpoker.net/forum/viewtopic.php?t=573

Ecrit par : hagbard | 14 décembre 2005

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