poker Participez aux tournois gratuits sur Unibet Poker
jouer poker strategie
jeux poker

« Le théorème de Morton | Home | Le jeu en short handed »

Le Bluff



Le

bluff

 est la plus célèbre des stratégies utilisées au poker. De nombreux joueurs surestiment l’intérêt du bluff en particulier aux basses limites où le recours au bluff est à proscrire. En effet, pour qu’un bluff ait une chance de réussir, il est indispensable que les adversaires soit capables de folder les meilleures mains. Dans la plupart des cas, le bluff intervient au flop ou à la turn au travers du "delayed" bluff qui vise, en head up, à better la turn, et ce quelle que soit la carte, après avoir caller un late bettor au flop qui tentait de voler le pot. Au flop ou à la turn, le bluff peut prendre la forme d'un pur bluff ou d'un semi-bluff, un river bluff est quant à lui toujours un pur bluff.



*
* *

La maîtrise du bluff est indispensable pour devenir un joueur gagnant. Il est important d’avoir conscience des conditions requises pour permettre à un bluff de fonctionner. En premier lieu, un bluff consiste à better ou relancer avec une main qui n’a aucune chance de s’imposer à l’abattage. Ainsi, le seul objectif du bluff est de faire

folder les adversaires

. Ainsi, il est plus facile de bluffer des joueurs tight agressifs que des calling stations qui se refuseront à folder la seconde paire ou toute autre main marginale. Ensuite, il est plus facile de bluffer un joueur que trois ou quatre adversaires. En effet, plus un joueur a d’adversaires plus il y a de chance qu’un des adversaires détiennent une made hand ou une quelconque main ayant une chance raisonnable de s’imposer à l’abattage. Ainsi, il est plus facile de bluffer 9 fois un adversaire que de bluffer une fois 9 adversaires.


*

D’autre part, il faut évaluer si la taille du pot est suffisante pour rendre le bluff profitable. Plus le pot est important, plus le bluff est profitable, mais moins le bluff est susceptible de réussir. En effet, plus le pot est important, plus les adversaires seront enclins à rester dans le coup même avec une main marginale. Ainsi, il convient de ne tenter des bluffs que contre des joueurs ayant une forte tendance à folder. Par exemple si un joueur à une "foldabilité" de 20%, il est possible de tenter un bluff si le pot odds est de 5 : 1. Par ailleurs, il est difficile de bluffer un même adversaire plusieurs fois de suite, en conséquence, l’image du joueur qui décide de bluffer est un des principaux déterminants du succès d’un bluff. Plus le joueur à une image tight plus le bluff a de chance de fonctionner.


* *

Lorsque le joueur décide de bluffer, il doit évaluer comment son bet ou son raise vont être interprété par ses adversaires. Des lors, il est important de provoquer un doute suffisant dans l’esprit des adversaires sur la valeur de la main du joueur qui bluff. Dès lors, il est important que le bluff soit harmonieux c’est à dire qu’il s’intègre parfaitement dans le déroulement du coup. Par exemple, a de bonne chance de fonctionner le bluff d’un joueur sur un flop composé de deux high card après avoir raiser préflop. Ici, les adversaires ont considéré que le préflop raiser signifiait une main puissante du premier groupe et pourront décider de folder alors que le bluffeur avait raiser préflop avec 87s pour la déception et a bénéficié de son image tight agressive. Par ailleurs, les flops connectés comme A◊J♣T♥ ou bicolores comme 8♠9♣T♣ sont moins adaptés à un bluff qu’un flop plus anodin comme Q♠6♥4◊. Le succès du bluff consiste donc à représenter une main puissante tout au long du coup. Par exemple, un joueur relance UTG avec QQ. En raisant sur le flop AK5, il peut faire folder des mains comme AJ ou KQ qui auront interprété le préflop raise comme signifiant AA, KK, AK ou AQs. L’un des autres déterminants du bluff est la position. S’il est tout à fait légitime d’opérer un open-raise en late position avec T9s, un bluff consistant à better ou raiser un flop dès qu’un as ou un roi apparaît à de bonne chance de fonctionner et de faire folder le big blind qui aurait J8s sur un flop AQ8.


*

A contrario, un joueur au big blind aura de bonne chance de réussir un bluff si le flop est composé de petites cartes et pourra même contraindre un early raiser à folder deux overcards. D’autre part, si le bluff peut fonctionner au flop, il est également possible de tenter un bluff à la turn, en particulier contre des adversaires qui sont sur des tirages qui ne sont pas rentrés. De même, le bluff à la turn est également possible lorsque après avoir raiser pour obtenir une free card, les joueurs check to the raiser. Cependant, dans ce cas, il s’agit généralement d’un semi bluff. Si dans la plupart des cas, un bluff ne doit être tenté que lorsque toute les conditions requises sont remplies, il est nécessaire de tenter, marginalement, des bluffs lorsque le pot odds est insuffisant pour ne pas rendre les tentatives de bluff trop prévisibles. Lorsqu’un adversaire est susceptible de tenter un bluff, en particulier à la river, il est possible de caller si, en pondérant le pot odds offert avec la "bluffabilité" de l’adversaire, le bet a une e.v. positive. Parallèlement, Il est même possible de provoquer un bluff en checkant. En effet, checker permet d’inciter un joueur à bluffer c’est à dire à better avec une main alors même qu’il n’aurait pas caller un bet avec cette même main. De ce fait, provoquer un bluff à la river permet de gagner un big bet supplémentaire.


* *
*

Bien maîtrisé, le bluff est très profitable à partir des limites moyennes. Cependant, de nombreux facteurs sont à prendre en compte avant de bluffer. De surcroît, au pur bluff, qui est difficile à pratiquer au flop en loose games, il faudra souvent privilégier le semi-bluff qui visent également à faire folder les adversaires. Cependant, le joueur tentant un semi-bluff dispose d’assez d’outs pour aller à la turn ou à la river si l’adversaire ne folde pas.


Pour aller plus loin :
- When do I Fold Against a Possible Bluff, T. Perry, R.G.P.
- Vulnerable, and Waiting for the Turn, R. Cooke, Cardplayer
- When to Call and When to Bet — Finally, Some Powerful Answers, M. Caro, Cardplayer
- Bluffing, L. Krieger, Pokerpages
- Bluffing, J. Brier, Cardplayer
- Inducing bluffs, M. Lessinger, Cardplayer
- Bluffing and Betting, R. Georgiev, R.G.P.
- Bluffing on the end and game theory , M. Wainwright, R.G.P.
- Improve your Poker de B. Ciaffone sur amazon.fr
- Middle limit holdem de B. Ciaffone et J. Brier sur amazon.fr
- Super system II de D. Brunson sur amazon.fr
- The theory of poker de D. Sklansky sur amazon.fr
- The complete book of holdem de G. Carson sur amazon.fr
- Internet texas holdem de M. Hilger sur amazon.fr

10:45 Publié sur www.hagbardpoker.com  | stratégie-sujets-variés | Le Bluff | Envoyer cette note

Positionnement et Statistiques Gratuites
Participez aux tournois gratuits sur Unibet Poker

Commentaires

j'apprecie votre analyse globale

par contre je ne comprends rien au vocabulaire employe
il est vrai je suis debutant.

je voudrais vous narrer une histoire vraie.
j'ai vu le poker a la tele je n'avais joue auparavant ni avec des amis ni sur internet
j'ai joue mon premier tournoi dimanche 7 aout a ACF
et sur 150 joueurs je suis arrive 1er

quelle commentaire cela vous inspire???

ps je cherche les emissions sur cassette video diffusees
sur canal + et eurosport.

merci

Ecrit par : bravinsky | 18 août 2005

Bonjour,

comme toi je suis débutant au poker et ton histoire m'inspire le commentaire suivant :

tu as eu la chance du débutant !

Si tu peux rééditer cette performance sur le long terme alors c'est que tu es un bon joueur ;)

Ecrit par : Guig | 23 novembre 2005

La chance au poker n'existe pas. En fait un joueur ne joue pas 1 partie et s'arrête. Il en jouera probablement des centaines. A partir de là a t-il gagné de l'argent ? Si la réponse est oui c'est un bon joueur.

Ecrit par : franz | 21 juin 2006

Il ya un passage ici que je trouve tres important, et pour moi est le meilleur des conseils:
Sur la table ( en sitn go surtout) construisez vous durant le 1er tiers de la partie une IMAGE TIGHT ( c'est à dire une image d'un joueur très conservateur qui joue très peu de mains et qui jette facilement ses cartes face à une mise d'un adversaire).
Autrement dit, FAITES LE PIGEON. Et repérez vos poissons: ceux qui jouent larges, les leaders de la table qui rentrent dans beaucoup de coups, ceux qui jouent quasi systématiquement au bouton . Lorsqu'il ne reste plus que 5 6 joueurs et qu'on arrive bientôt à la bulle (lorsqu'on s'approche des places payantes) et alors que tout le monde aura tendance à se calmer, c'est là que vous vous réveillez!
Effectuez votre premier bluff à UNE ou DEUX places avant le bouton ( c'est la meilleure place pour bluffer).Peu importe votre main, relancez à 2,5 fois la big blind et faites rentrer un ou deux de vos poissons. Il s'agit maintenant de rentabiliser le bluff au maximum .
Au flop: les poissons c'est quasi certains, vont miser: Faites semblant de beaucoup hésiter et finalement suivez la mise. A la turn, dans beaucoup de cas votre adversaire essaiera de vous intimider avec une forte mise. Relancez- le INSTANTANEMENT, avec 0 secondes de réflexion. Vous venez de lui couper les pieds. Il va réfléchir pendant un moment, vous voit avec une bombe dans les mains, se dit " Merde, Il m'a eu!" et inévitablement se couche.
Vous aurez comblé une bonne partie de votre retard sur les leaders, et après ce copieux repas refaites une petite sieste.

Oh je ne dit pas qu'avec cette technique vous allez gagner à tous les coups, et je vous dirais même que quelquefois sa va mal ( voire trés mal ) se passer.
Ce qui compte c'est que sur le LONG TERME, croyez-moi, vous êtes GAGNANTS!

Ecrit par : MABROUKO | 08 mai 2007

Ecrire un commentaire

Participez aux tournois gratuits sur Unibet Poker