« Le Bluff | Home | La Free card »
Le jeu en short handed
La plupart des joueurs ont tendance à considérer que les
6 handed
table sont des tables de short handed. En réalité, le jeu en short handed désigne les tables à 5 joueurs au maximum. Même sur internet, il est difficile de pouvoir jouer des tables en short handed. Aujourd’hui seul Paradise Poker* *
| | | x : 1 | |
|---|---|---|---|
| Une paire contre une autre | QQ c/ JJ | 80 | 4 : 1 |
| Deux overcards contre une paire | AKs c/ 88 | 48 | 1 : 1 |
| Une paire contre une overcard | QQ c/ AJ | 70 | 2,5 : 1 |
| Une main dominante contre une main dominée | AK c/ AQ | 75 | 3 : 1 |
| Deux connecteurs assortis contre une under-paire | T9s c/ 55 | 52 | 1 : 1 |
| Un Ax contre contre deux connecteurs assortis | A7 c/ JTs | 52 | 1 : 1 |
| Deux overcards contre deux undercards | KT c/ 85 | 70 | 2,5 : 1 |
| Une overcard contre une undercard | KJ c/ Q8 | 65 | 2 : 1 |
| Deux cartes contre deux cartes intercalées | KT c/ QJ | 60 | 1,5 :1 |
Souvent, les joueurs qui sont perdant en loose games se rendent sur des tables de short handed où il savent que
jouer loose préflop
est une cléf du succès. Or, une selection plus loose des mains de départ n’est pas une garantie de succès en short handed. Un des principes du short handed est que les joueurs doivent intégrer la dynamique des mains de départ. En effet, W. Hyde à mis en évidence qu’en short handed les pockets paires /XX/88/ voyaient leur valeur rehaussée de même que les Axs aux dépens des mains du type JTo ou KJ. En full games, l’avantage des meilleurs joueurs réside dans leur capacité à ne jouer que les meilleures mains. En short handed, où il faut jouer plus de mains, la discipline préflop des meilleurs joueurs ne leur procure aucun avantage sur les joueurs plus loose. En short handed, le profit est essentiellement généré post flop. Ainsi, les joueurs trop loose s’ils vont être perdant sur le long terme en short handed le seront surtout du fait de leur incapacité à folder leur mauvaises mains au flop ou à la turn. A contrario, un bon joueur de 10 handed games sans expérience en short handed sera également perdant sur le long terme car il ne va pas remporter suffisament de pots pour compenser le fait de contribuer trois fois plus aux blinds en short handed qu’en 10 handed games.| Nbre de joueurs | Le joueur n'a pas d'as, les adversaires n'ont pas d'as (%) | Le joueur a un as, les adversaires n'ont pas d'as (%) |
|---|---|---|
| 2 | 85 | 88 |
| 3 | 70 | 77 |
| 4 | 59 | 68 |
| 5 | 49 | 59 |
| 6 | 40 | 50 |
| 7 | 32 | 43 |
| 8 | 26 | 36 |
| 9 | 20 | 31 |
| 10 | 16 | 25 |
Ensuite, tous les Axs prennent de la valeur car il y a de bonne chance que la meilleure main à l’abattage soit un ace high. Et caller un raise avec A8 est rarement une erreur. D’une manière générale, il est correct de voir le flop avec 99/A7s/K9s/QTs/JTsJ9s/J8s/A9/A8/QT/JT/98. Cependant, comme le précise B. Baldwin, en short handed la clef n’est pas tant d’avoir des standards plus loose que de jouer les mains plus agressivement. Lorsque le joueur n’a pas eu l’initiative de l’agression, mais doit décider de caller ou folder sur un raise, il doit prendre en compte la personnalité du raiser. Certains joueurs issus des 10 handed games ont tendance à relancer avec tout et n’importe quoi, dans ce cas il est possible de caller avec 66/A9/…/ et de reraiser avec 88/AJ/…/. Contre un joueur hyper agressif, il convient d’être passif jusqu’à la turn ou il sera généralement correct de raiser et reraiser. Face à ce type de joueur, il est nécessaire de défendre les blinds et de reraiser avec 88/ATs/KQs/AQ/…/. La défense des blinds est un concept clef du jeu en short handed car dans la plupart des cas ils représentent plus de 10% du pot final. Depuis le big blind, il est indispensable de caller avec plus de 33% des mains et de reraiser au moins une fois sur quatre. Face à des calling stations, le bluff sera à proscrire et contre un joueur weak tight, il sera nécessaire de toujours relancer préflop pour voler les blinds au moins une fois sur trois depuis le bouton. Face à des joueurs plus loose, il convient de tenter de voler les blinds près d’une fois sur deux avec /…/A7/K9/../. En short handed, il est nécessaire de relancer avec davantage de mains qu’en 10 handed games. Pour B. Ciaffone, il est possible de relancer préflop par un open raise avec (99)/A9s/KTs/AT/KJ. Si il est possible de jouer davantage de main préflop, c’est d’abord parce que la question des dominated hands est inopérentes en short handed où un joueur avec une main comme KT n’a que 5% de chance d’être confronté à TT/AK/KQ/…/. Ainsi, en général, il est nécessaire de jouer davantage de mains en short handed qu’en 10 handed games et il convient souvent de raiser avec des mains qui auraient été foldées en full games. Il faut cependant réserver le cas du joueur qui est UTG qui doit conserver des standards de raise préflop assez élevé. Malgré tout, il convient de jouer assez agressivement lorsque le joueur est UTG et surtout il est indispensable que le joueur varie son jeu lorsqu’il est dans cette position. En conséquence, même si le joueur UTG doit jouer assez serré, il doit, pour la déception, parfois raiser avec 87s. De surcroit, la position est fondamentale en short handed. Il est préférable pour un joueur d’avoir un adversaire très tight à sa gauche pour pouvoir voler les blinds régulièrement. A contrario, il est préférable d’avoir les meilleurs joueurs non immédiatement à sa droite pour ne être pas l’objet d’ "attaques" lorsque le joueur se trouve aux blinds. Ainsi, le premier objectif du joueur, en short handed, doit être de provoquer un head up. En effet, il est impossible d’attendre de bonne main en short handed. Ainsi, en créant un head up, un joueur n’a pas besoin d’avoir une très bonne main, mais simplement d’avoir une meilleure main que son adversaire. Ainsi, pour créer un head up, il est raisonnable de reraiser avec 99/ATs/KTs/QJs/JTs/AT/KQ/…/ et depuis les blinds avec 66/A6s/…/T9s/…/.
Par ailleurs, un joueur doit davantage avoir recours au semi bluff et au pur bluff notamment sur les flops neutres du type T♠6◊2♥. Cependant, la texture du flop n’est pas aussi importante qu’en 10 handed games. En effet, la texture du flop est moins importante en short handed car plus d’une fois sur deux, l’adversaire n’a ni paire (70%), ni tirage (20%).
| Différents types de paires | La paire est la meilleure main au flop (%) | La "meilleure main au flop" est la meilleure main à l'abattage (%) |
|---|---|---|
| Overpair | 89 | 95 |
| Top pair | 83 | 85 |
| Pocket Underpair + une overcard | 65 | 81 |
| Second pair | 65 | 77 |
| Pocket Underpair + deux overcards | 52 | 75 |
| Third pair | 55 | 74 |
| Pocket Underpair + trois overcards | 43 | 64 |
Au flop, la clef est l’agressivité
. Il convient en général de jouer agressivement. Même la seconde paire, entre autres, mérite d’être jouée agressivement. En effet, il est souvent possible, selon M. Hall, d’ ignorer la plus haute carte du flop lorsque le joueur décidant de la stratégie à adopter cherche à évaluer la force de sa main. En outre un as au flop n’est plus une scare card, en particulier en head up et deux overcards ou une petite paire constituent souvent la meilleure main au flop. De même, pour le joueur détenir un ace high suffit généralement à justifier un raise. Dès lors, avec une made hand, quelle qu'elle soit, le check raise est la solution la plus adaptée, seul un flop bicolore ou connecté peut, parfois, inciter le joueur à check caller. Reraiser au flop avec la middle paire ou un tirage à 10 outs est possible selon la lecture que le joueur à de l’adversaire et de ses standards de raise. Sous-jouer est possible dès que le joueur obtient la top paire top kicker ou même la top paire mauvais kicker contre des joueurs weaks. D’autre part, les tirages perdent de la valeur en short handed, mais un joueur ayant deux overcard et un flush draw peut dès lors better/check-raiser au lieu de check-caller/check-folder. Cependant, avec un tirage strict à 8 ou 9 outs, le joueur ne peut remporter le pot que si la couleur rentre. En conséquence, un fois sur trois, il possible de raiser un tirage simple pour donner une chance à l’adversaire de coucher sa main. Si un joueur est confronté à un joueur très agressif, check-caller au flop est souvent la meilleure solution car il est préférable d’attendre la turn pour jouer agressivement même avec une made hand. A contrario, il est possible marginalement de raiser une main qui devait être caller pour décourager les tentatives de semi bluff. Ce raise ne vise pas à faire folder l’adversaire mais simplement à le contraindre à checker la river. D’autre part, il est impératif de savoir check-folder au flop en short handed. En effet, un des principes du jeu en short handed est de voir plus de flop et moins de turn. D’autre part, si checker et accorder une free card est rarement dangereux, il est préférable de better pour ne pas faire apparaître que le joueur détient une main faible. Ainsi, au flop la clef est d’abord l’agressivité, en bettant toutes les mains qui ont une chance raisonnable de s’imposer, et ensuite la capacité du joueur à varier son jeu. Dès lors, il convient de checker au flop avec 20% des meilleures mains.Dès lors que le joueur à betté le flop, checker la turn est une erreur en particulier si une scare card apparaît à la turn. De même, en général un bluff raise est la meilleure solution lorsque la turn est du même rang qu’une des cartes du flop. Cependant, une main marginale peut autoriser à checker la turn pour obtenir une carte gratuite. A la turn, une main très vulnérable comme la top paire weak kicker peut justifier de better et même de raiser. Il en va de même avec un draw et deux overcards. Par exemple, avec K♠T◊ sur un tableau K♥8♠7♥, même si l’adversaire raise et qu’un autre call il est possible de reraiser car les adversaires peuvent être sur des tirages avec A♥J♥ ou T♠9♠. Le plus souvent, le joueur doit ignorer le fait que le flop soit bicolore lorsqu’il prend sa décision. D’une manière générale, checker la turn est une erreur grossière car l’objectif en short handed est de pousser l’adversaire à prendre des décisions et dans la mesure du possible à prendre de mauvaises décisions. D’autre part, lorsque le joueur est out of position et qu’il a l’intention d’aller à l’abattage, il doit, au lieu de better la turn et la river, privilégier le check raise à la turn pour donner à l’adversaire la possibilité de folder. De même, en position, il sera préférable de better un tirage à la turn plutot que de checker. Cependant, si un adversaire reraise à la turn après que le joueur ait check raiser au flop et better la turn, le joueur doit accepter de folder sa main trois fois sur cinq. En outre, la turn est l’occasion de sanctionner les joueurs les plus agressifs car ils ne risquent plus un small bet pour gagner le pot mais un big bet pour gagner un pot qui n’a pas doublé. A la river, check-caller est également une erreur. Il convient le plus souvent de better même avec une main marginale lorsque à la turn l’adversaire à checké alors qu’il avait la position ou contre des adversaires weaks qui sont capables de jouer des tirages simples. Ainsi, dès que la main mérite de caller, il convient de better hors du cas où il y a une certaine probabilité que la river complète le tirage de l’adversaire où il conviendra de check-caller pour éviter qu’il ne tente un bluff raise. Face à un adversaire qui bluff régulièrement à la river lorsque le joueur se contente de caller la turn, il est préférable de relancer à la turn si les risques de reraise sont faibles.
*
Ainsi le jeu en short handed est un jeu essentiellement post flop qui est une grande source de profit pour les meilleurs joueurs. Enfin, certains résument le jeu en short handed en le présentant comme un jeu en full games où les 7 premiers joueurs ont foldé. Or, en réalité A. Jalib à mis en évidence que si dans un 9 handed games où les joueurs raisent avec tous les AX, tous les joueurs foldent jusqu’au bouton qui raise, alors le big blind à 20 % de chance d’avoir un AX. Mais, en 3 handed, si le premier joueur raise, le big blind n’a que 15% de chance d’avoir un AX. Il s’agit ici d’une illustration du fameux "bunching factor".
Pour aller plus loin :
- The most informational 6-max posts for newbies, Nemesis, 2+2
- Short-handed stuff (format PDF), Kjell201
- Shorthanded, Part I, L. Krieger, Cardplayer
- Short-handed, série d’articles, J. Pohl, Pokerpages
- AQo & Shorthanded, Internattexasholdem
- Shorthanded strategies, A. Jalib, R.GP.
- Short handed Play, A. Jalib, R.GP.
- Shorthanded strategies, Ramsey, R.GP.
- Seeking advice--short handed play, T. Perry, R.G.P.
- Short-Handed Holdem Variance, M. Maurer, R.GP.
- Short-handed and timid HE questions, G. Raymer, R.GP.
- Short handed : on big card vs. Suited connector, E. Reuter, R.GP.
- Wilson Software, le site officiel
- Hold'Em Poker for Advanced Players de M. Malmuth et D. Sklansky sur amazon.fr
- Middle limit holdem de B. Ciaffone et J. Brier sur amazon.fr
- Poker essays vol. I de M. Malmuth sur amazon.fr
- Real Poker I et II de R. Cooke sur amazon.fr
- The theory of poker de D. Sklansky sur amazon.fr
- Improve your poker de B. Ciafonne sur amazon.fr
11:15 Publié sur www.hagbardpoker.com | stratégie-sujets-variés | Le jeu en short handed | Envoyer cette note




