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La Free card
Si un joueur ne checke que lorsqu’il détient une main médiocre ou s’il ne raise qu’avec une made hand, il devient prévisible et ses adversaires seront incités à multiplier les bluffs et les semi-bluffs. Dès lors, le
free card raise
est une arme redoutable qui peut aider le joueur à prendre le contrôle de la table.* *
La
free card
consiste à better ou à checker puis raiser pour bénéficier d’une carte gratuite au prochain tour. En réalité, la free card n’est pas gratuite. Il s’agit simplement d’acheter une carte à moitié prix, soit un small bet au flop au lieu d’un big bet à la turn. Ainsi, la free card permet d’économiser un small bet. Le recours à la free card est justifié lorsque le joueur possède une main qui à besoin de s’améliorer mais qui sera très probablement la meilleure main si elle s’améliore. En conséquence, le recours à la free card est possible avec une main qui dispose de nombreux outs face à des joueurs assez passifs. Les intérêts de la free card sont multiples. La free card permet notamment d’améliorer le pot odds et de grossir le pot si, à la turn, le joueur complète sa main. Ainsi, la free card permet de voir jusqu’à deux cartes supplémentaires à bas prix. En conséquence, il convient pour un joueur d’obtenir une free card lorsqu’il détient une main plus faible que celles de ses adversaires, en général la "second best hand". Par contre, un joueur ne doit pas accorder une free card quand il détient la meilleure main et, de ce fait, un joueur ayant une made hand devra souvent reraiser un joueur qui raise au flop pour obtenir une free card ou better la turn avec une main marginale.Il faut
éviter de permettre aux adversaires de bénéficier d’une free card
. Dès lors, il convient de better avec toutes les mains présentant une certaine stabilité et les bons tirages. Il s’agit, entre autres, de la top paire ou d’un tirage à 9 outs. Avec une top paire fragile qui n’est ni A, ni K, checker est souvent la meilleure solution en multiway, mais il est souvent correct de better contre moins de trois adversaires. Avec les meilleures top paires A ou K, checker est possible pour un joueur out of position lorque le kicker est d’une qualité moyenne. Mais en late position, relancer est possible malgré un faible kicker si la relance peut provoquer un duel. Cependant, lorsque le jeu a été très agressif préflop, check-caller un tirage reste une option envisageable, même si dans certains cas une telle approche créée une situation "mortonienne". En effet, en multiway pot, il convient de jouer agressivement les mains comme la top paire pour contraindre les weak draw à folder -correctement-. Par contre, si le joueur détient un bon tirage, il a intérêt à check-caller pour maintenir les weak draws qui portent essentiellement atteinte aux made hands comme la top paire. Lorsque le coup se déroule en head up, le joueur out of position au troisième tour d’enchère à souvent intérêt à better des mains plus ou moins marginales simplement pour ne pas accorder de free card. Checker est souvent dangereux dans ce type de situation car en checkant, le joueur offre la possibilité à ses adversaires de better une main qu’ils auraient caller et plus dangereux encore de laisser better un joueur qui aurait foldé si son adversaire avait betté.Toutes les mains ne méritent pas de relancer pour obtenir une free card. D’une manière générale, il est possible de
relancer avec un tirage à 8 ou 9 outs
lorsqu’il n’y a que peu de chance qu’un adversaire avec une made hand reraise et dès lors qu’il y a de bonnes chances que les adversaires checkent jusqu’au raiser au prochain tour d’enchères par peur d’une nouvelle relance. Si les adversaires sont naturellement plus agressif il faudra réserver les relances aux situations où le joueur détient 12 outs ou plus. La relance ne doit pas être systématique, et un tirage couleur devra être relancé une fois sur deux en moyenne. Si le flop contient une paire, il conviendra en général de se contenter de caller. Par contre, la relance devra être privilégiée si le pot est déjà important et/ou pour limiter le nombre de joueurs présents au prochain tour d’enchère. De même un raise est justifié, si le joueur a la conviction qu’il aura au moins trois joueurs pour caller le raise. Enfin, une relance est également justifiée lorsque le joueur détient probablement la second best hand. Ici il s’agit du cas ou un call aurait été justifié en early ou middle position. Lorsque le joueur est en dernière position, il convient de relancer une main qui ne devait que permettre de caller comme une overcard et un tirage backdoor. Cette relance doit idéalement intervenir lorsque les adversaires ont checké jusqu’au bettor. Le joueur a, ici, intérêt à relancer après le bettor car il y a peu de chance que les adversaires call deux bets. En conséquence, le joueur va créer un head up et améliorer ses chances de remporter le pot en affrontant le joueur qui à -temporairement- la meilleure main.Un joueur ayant raisé pour obtenir une free card a généralement intérêt à checker si ses adversaires ont "
checké to the raiser
". Cette approche vaut particulièrement en loose games avec une main qui reste marginale au flop. Par contre, en short handed, ou il est indispensable d’être agressif, il est généralement nécessaire de better même avec une main moyenne. De surcroît, en short handed, et partiellement en 10 handed games, il convient de better la turn si les autres joueurs check pour la seconde fois "to the raiser". En particulier, better la turn sera possible pour un joueur ayant un ace high, c’est à dire avec des mains comme AJ.*
La free card est l’une des rares stratégies "élaborées" applicable aux basses limites. En effet, si la plupart des joueurs n’accordent aucune attention aux comportements des autres joueurs, ils ont cependant tendance à respecter les raises et à checker "to the raiser" à la turn. En pratique, il est préférable de chercher à obtenir une free card avec les mains les plus faciles à masquer comme un straight draw qu’avec un flush draw. A contrario, il est presque toujours incorrect de checker "to the raiser" si celui-ci est susceptible d’être sur un tirage. En conclusion, raiser pour obtenir une free card consiste à prendre une décision incorrecte qui sera "régularisée" au prochain tour si les adversaires checkent to the raiser.
Pour aller plus loin :
- Theory of Sucking Outs, A. Jalib
- The « Free Card », or is it ?, A. Spath
- The Free Card, J. Brier, Cardplayer
- Improve your Poker de B. Ciaffone sur amazon.fr
- Hold'Em Poker for Advanced Players de D. Sklansky et M. Malmuth sur amazon.fr
- The theory of poker de D. Sklansky sur amazon.fr
- Internet texas holdem de M. Hilger sur amazon.fr
10:45 Publié sur www.hagbardpoker.com | stratégie-sujets-variés | La Free card | Envoyer cette note

Commentaires
bravo pour ce site. toutefois le mélange anglais/français est difficile à lire. pourquoi ne pas avoir tout traduit? check=parole, raise=relance, suited=assortis...
dans tout cet imbroglio, des mots m'ont échappé: qu'est-ce qu'un limper? un connecteur? une overcard? est-ce que T=x=10?
merci de m'éclairer, et encore bravo.
lionel
Ecrit par : lionel | 04 avril 2006
http://www.conjelco.com/faq/rgpglossary.html
Ecrit par : hagbard | 11 mai 2006
Raising a draw on the flop could induce a check on the turn. But to do so, you should justify a tight player image. If you feel a "made hand" ( typically, early raise pre-flop / bet-raise on a weak flop), I do not advice such approach as this made hand will defend it-self through a big bet an the turn.
Here an interesting variant:
-You have Asxs and get a spade but no Ace on a weak flop.
-You are playing a Ace top pair-Flush back door draw.
-You feel no made hand.
Getting a free card is an excellent play as you increase your chance to get your draw.
Ecrit par : Faf | 30 novembre 2007



