17 février 2005
Le Groupe 4 de D. Sklansky
Les mains du groupe 4 sont de bonnes mains qui ont cependant besoin de conditions favorables pour être jouées profitablement. Souvent, c’est la position du joueur ou la nature, tight ou loose, de la table qui invite les joueurs à jouer ces mains.
* *
| Adversaires: | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Mains | |||||||||
| T9s | 54.3 | 38.9 | 31.0 | 26.0 | 22.5 | 19.8 | 17.8 | 16.2 | 14.9 |
| KQo | 61.4 | 44.4 | 35.2 | 29.3 | 25.1 | 21.8 | 19.1 | 16.9 | 15.1 |
| 88 | 69.1 | 49.9 | 37.5 | 29.4 | 24.0 | 20.3 | 17.7 | 15.8 | 14.4 |
| QTs | 59.5 | 43.1 | 34.6 | 29.1 | 25.2 | 22.3 | 19.9 | 18.1 | 16.6 |
| 98s | 51.1 | 36.0 | 28.5 | 23.6 | 20.2 | 17.8 | 15.9 | 14.5 | 13.4 |
| J9s | 55.8 | 39.6 | 31.3 | 26.1 | 22.4 | 19.7 | 17.6 | 15.9 | 14.6 |
| AJo | 63.6 | 45.6 | 35.4 | 28.9 | 24.4 | 21.0 | 18.3 | 16.1 | 14.3 |
| KTs | 61.9 | 44.9 | 35.7 | 29.9 | 25.8 | 22.8 | 20.4 | 18.5 | 16.9 |
En premier lieu T9s est une
drawing hands
, cependant D. Sklansky et M. Malmuth précisent que cette main peut être jouée profitablement même en early position. De surcroît, M. Malmuth, indique qu’en late position, il est préférable d’open raiser avec des mains du type KXs plutôt qu’avec T9s. Ensuite, il précise que T9s est une main performante contre un loose raiser qui peut avoir 66/A6s/…/. D’une manière générale, T9s serait jouable en early position car elle est facile à folder sur un flop défavorable. En outre, T9s obtient généralement de meilleurs résultats que les KX et réalise plus de quinte que des mains comme KQ. Cependant, cette analyse de T9s est spécifique aux auteurs de Twoplustwo. En effet, les plupart des auteurs, comme G. Carson, considèrent qu’il s’agit d’une simple drawing hand. A. Jalib, quant à lui, reprend à son compte une partie de l’analyse de M. Malmuth. Ainsi, il considère qu’il est possible de raiser avec T9s une fois sur trois en early position. Cependant, il précise que T9s obtient essentiellement de bons résultats en multiway pots. A contrario, T9s ne serait pas une main de head up et devrait généralement être foldée lorsqu’un joueur reraise dès lors qu’il détient 88/ATs/KQs/…/.KQ est une main qui obtient de meilleurs résultats en loose games qu’en tight games. UTG, KQ est une main qui doit être foldée ou raisée, limper avec KQ à une e.v. négative en tight games. Ainsi, certains comme A. Jalib estime que KQ doit toujours être foldée UTG en tight games. De même, après plusieurs limpers, folder KQ est rarement une erreur. KQ obtient ses meilleurs résultats lorsque le joueur open raise en middle ou late position. QTs est une main qui, en loose games, est jouable avec les mêmes restrictions que celles imposées à KQ
AJo est une main marginale en early position en tight games. Par contre, elle est jouable en loose games. Après plusieurs limpers, AJo est jouable contre des limpers tight agressive ou après un limper loose agressif. Dans ces derniers cas il est même généralement possible de raiser si le pot est déjà important. A. Jalib précise qu’en early position, AJo est marginale et il fold cette main pour les mêmes raisons qu’il est possible de caller un middle raise depuis les blinds avec 86s mais qu’il convient en général de folder A5s dans la même situation. Dans les deux cas, il y a de bonnes chances qu’un caller ait 88/AQs/…/. Dans les jeux les plus loose, AJo est jouable en early dès lors que le joueur à la conviction qu’il y aura plus de quatre joueurs au flop. Au flop, avec la top paire AJo est généralement la meilleure main si il n’y a pas eu de raise préflop. Dès lors, il convient de jouer agressivement au flop car la présence d’un as offre généralement quelque chose qui ressemble à un tirage aux adversaires. Dès lors, il faut éviter d’accorder une free card aux adversaires. Il en va de même sur un flop J high où il convient de jouer agressivement pour réduire le pot odds des joueurs ayant deux overcards. Par contre, si le pot à été raiser préflop, ou en présence de tight callers, AJo est souvent dominée et la top paire est généralement la second best hand.
KTs est une main qui illustre parfaitement le concept de dynamique des mains et de domination. KTs est souvent, à juste titre comparée à AJs. Cependant, si en tight games AJs obtient de meilleurs résultats, en loose games KTs est incontestablement la meilleure des deux mains. Préflop, D. Sklansky considère qu’un open raise est recommandé une fois sur trois avec KTs mais que reraiser est souvent une erreur avec KTs. En loose games, les bons résultats de KTs trouvent leur origine dans le fait que de nombreux joueurs jouent les KXs et parce que KTs obtient des couleurs et des quintes assez stables puisqu’elles s’imposent dans plus de 80% des cas.
*
Les mains du groupe 4 sont des mains qui bénéficient généralement d'un meilleur classement de la part des auteurs qui proposent des chartes de mains de départ applicables en loose games et aux basses limites.
Pour aller plus loin :
- Hold’em hand values table, S. Brecher, R.G.P.
- HPFAP error : T9s, Quadnines, R.G.P.
- Kx suited vs. Medium suited connectors, A. Bostick, R.G.P.
- 88 in late position, D. Hanson, R.G.P.
- Axo in low limit games, A. Jalib, R.G.P.
- Two instructive $20-$40 Hands, J. Brier, Twoplustwo Magazine
- AJ offsuit in early position (heresy), Ramsey, R.G.P.
- Two AJo hands, A. Jalib, R.G.P.
- AJ (off)-small blind, A. Bostick, R.G.P.
- The agony of A-J, R. R., R.G.P.
- AJ in Early/Middle Position, A. Jalib, R.G.P.
- KTs & JTs, G Carson, R.G.P.
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- Poker essays vol. I de M. Malmuth sur amazon.fr
- Real Poker I et II de R. Cooke sur amazon.fr
- The theory of poker de D. Sklansky sur amazon.fr
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Le Check-raise
Le
check-raise
est une action en deux temps qui vise à checker avec l’intention de raiser au cours du même tour d’enchère. Le check raise est décrié par de nombreux joueurs qui souhaitent même le voir interdire. Pourtant le check raise est bien souvent une meilleure alternative au bet ou au check-call que ce soit au flop ou à la turn.* *
Aux basses limites,
le check raise n’a pratiquement pour seule fonction que de grossir le pot
. A ce titre, le check raise à davantage de chance de fonctionner aux petites limites qu’aux limites plus élevées car la plupart des joueurs n'ont pas, aux basses limites, conscience qu'ils commettent une erreur en callant un raise après avoir better. Par exemple, avec AQo sur un flop Q75 rainbow, better va très probablement faire folder des mains commes 98o ou A7s. En checkant, il y a de grandes chances que ces mêmes mains bettent avec la seconde paire top kicker. Ainsi, checker permet d’inciter les adversaires à better avec des weak hands et donc à gonfler le pot pour le compte de AQo. Il convient de toujours garder à l’esprit que le check raise pour réussir suppose qu’il y ait un bettor. Si le comportement des autres joueurs est indispensable à analyser avant de tenter un check raise, un des déterminants essentiel du check raise est la position du probable bettor. Si le bettor se trouve immédiatement à la gauche du joueur, il conviendra de réserver le check raise aux solides made hands et aux meilleurs tirages car le principal effet du check raise va être de gonfler le pot tout en maintenant de nombreux callers. Par contre, si le bettor est immédiatement à la droite du joueur, il est possible de raiser avec des mains plus marginales comme la top paire moyen kicker puisque les adversaires vont checker puis le bettor va better et le joueur va raiser. Dans ce dernier cas, le résultat du check raise sera souvent la création d’un head up, car les adversaires seront hésistant à caller deux bets. Ce type de check raise est possible avec la seconde best hand.Un joueur qui décide de check raiser doit s’assurer que sa main présente certaines caractéristiques. En premier lieu, il convient d’avoir une main supérieure à celles des adversaires qui sont susceptibles de caller le raise. Cependant, il faut que les adversaires aient des mains -convenables- les autorisant à better alors même qu’elles n’auraient pas été suffisantes pour raiser après un early bettor. Ainsi, le check raise impose une certaine coopération de la part des adversaires. Face à des adversaires non coopératifs, tenter un check raise peut avoir comme seul conséquence d’accorder une free card. Ce risque est faible en présence d’un joueur agressif, par contre face à des joueurs passifs, il conviendra de n’avoir recours au check raise qu’avec les mains les plus stables qui ne souffriraient pas trop de la distribution d’une free card. Dans ce type de situation les bottom two paires ne doivent pas être considérées comme une main stable en multiway pot. De même, il ne faut pas accorder de free card sur un flop connecté ou bicolore. En pratique, il est possible de check-raiser avec le risque d’accorder une free card avec QQ/KQs/AQs/AQo/KQo dès lors que le joueur a touché la top paire ou une overpaire au flop. Dans ce type de situation, il y a très peu de chance que la turn puisse être considéree comme une scare card. En multiway, il est possible de check raiser avec la top paire et un kicker moyen.
Le check raise peut être utilisé pour atteindre plusieurs objectifs. En premier lieu, il peut contraindre des adversaires à folder. Cependant cet objectif est en général difficile à atteindre en loose games. Ensuite, le check raise peut viser à forcer les adversaires à commettre une erreur en callant un raise avec seulement six outs et deux overcards. D’autre part, le joueur qui détient la meilleure main a intérêt à raiser pour grossir le pot. Le check raise peut également exprimer un semi bluff de la part d’un joueur qui tente de voler le pot. Enfin, en loose games, en particulier avec les drawing hands, le check raise peut aboutir à un raise for value dès lors que le semi bluff raise maintient plus de trois caller dans le coup. Cependant, dans les jeux plus tight, check raiser avec des drawing hands necessite d’avoir au moins 12 outs.
Dans la plupart des cas le check raise intervient au flop, en particulier pour provoquer des erreurs chez les adversaires lorsque le pot est déjà assez gros, c’est à dire si le pot a été raisé préflop. Par contre, avec un plus petit pot, il est préférable de better le flop pour check raiser la turn. Raiser la turn est également la solution à privilégier lorsqu’un adversaire a raiser au flop après que le joueur ait better. Plus spécifiquement, reraiser le flop est préférable en multiway pot pour faire folder les tirages, alors qu’en head up, raiser la turn sera souvent plus efficace. Enfin, il conviendra de reraiser au flop lorsque l’adversaire tente un free card raise ou lorsque le joueur cherche à acquérir une image de joueur tight.
*
Le check raise est une arme redoutable aux limites les plus basses comme aux plus hautes. Cependant, aux plus basses limites il sera souvent difficile de check raiser avec la seconde best hand du fait de la faible probabilité de voir le check-raise provoquer un head-up. A court terme, pratiquer le check raise permet en outre d’éviter aux adversaires de pratiquer de trop fréquents semi-bluffs raises.
Pour aller plus loin :
- Check Raise, Flop or Turn?, Ramsey, R.G.P.
- Check-Raising, J. Brier, Cardplayer
- Three-Bet the Flop or Check-Raise the turn, B. Tanenbaum, Cardplayer
- Is Check-Raising Costing You Money, B. Tanenbaum, Cardplayer
- To checkraise or not to checkraise, L. Jones, R.G.P.
- Essay #3... Opportunity Lost , A. Jalib, R.G.P.
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- Poker essays vol. I de M. Malmuth sur amazon.fr
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15 février 2005
Le Flush draw, tirage couleur
Les tirages couleur ou flush draw constituent de très bonnes mains. En effet, le joueur est à 2 :1 de (ne pas) voir rentrer sa couleur au plus tard à la river. Cependant, plus le pot est petit et moins il y a d’adversaires, plus il est préférable de détenir plus qu’un tirage à 9 outs. Avec un flush draw et un straight draw, la cote passe à 0.9 :1.
* *
Les flush draw méritent d’être poussés à la turn et ce n’est que par exception qu’ils devront être couchés au flop. La plus fréquente concernant le cas où le joueur détient un small flush draw.
| Nbre de cartes inconnues | p |
|---|---|
| 7 | 0.24 |
| 6 | 0.23 |
| 5 | 0.21 |
| 4 | 0.19 |
| 3 | 0.16 |
| 2 | 0.11 |
| 1 | 0.06 |
| 0 | 0.00 |
Trois situations peuvent justifier de coucher un flush draw au flop. En premier lieu, il est possible de
coucher un flush draw en head up
, par exemple avec 8♠7♠ sur le flop A♥Q♠3♠ dès lors qu’il y de forte probabilité que l’adversaire ait A♠Xx. De même, lorsque le flop contient deux cartes du même rang comme Q♠Q♥2♠, le joueur détenant K♠5♠ ne dispose plus de 9 mais de 6 outs dès lors qu’un adversaire signifie détenir un trips avec Q◊Xx. Sur ce type de flop, il conviendra souvent de folder le tirage si un adversaire raise au flop. A défaut, caller est une bonne option dès lors qu’il y a déjà, ou qu’il y aura 3 callers. En outre, plus la paire est élevée plus il conviendra de rechercher un pot odds élevé. Par ailleurs, en tight games il est préférable, sur ce type de flop, de better que de caller. Par ailleurs, lorsqu’un joueur détient une petite couleur avec 8♥7♥ sur le flop J♥4♠2♥, il doit prendre en compte la probabilité qu’un autre joueur détienne une couleur et plus particulièrement la possibilité qu’un joueur détienne une couleur supérieure. Avec ces petites couleurs, il convient généralement de retirer trois outs pour ne prendre en compte que 6 effective outs. Il en va ainsi pour un joueur qui limp avec 8♣6♣. Sur le flop J♣9♣4♥, après deux callers, 86s se voit offrir un pot odds de 9 :1, si raiser est justifié au regard de la taille du pot, il est préférable de caller dès lors qu’il reste plus de trois adversaires à s’exprimer.Prendre en compte les effective outs peut conduire à folder une main apparemment jouable. Par exemple T♥8♥ au small blind après 5 limpers sur un flop K♥J♥7♣. T♥8♥ check, un adversaire bet, un second raise et un autre reraise. En conséquence, au flop, le coup va se jouer entre 5 :1 et 6 :1. Avec ses 12 outs, T8s semble pouvoir caller mais en réalité tout 9 ou tout ♥ peut offrir une meilleure quinte ou une meilleure couleur à un adversaire. Dès lors, T8s semble ne disposer que de 4 effective outs et T8s doit en conséquence être foldée. Sur un flop X♥X♥Xx, en 10 handed games, lorsq’un joueur détient X♥X♥, dans plus de 72% des cas aucun adversaire ne détient de tirage couleur. Et si le joueur détient A♣K♣ sur le flop A♥6♣3♥, il y a 40% de chance qu’un adversaire détienne X♥X♥. La plupart des joueurs aux basses limites ont tendance à jouer les Axs et même les Kxs. Cependant, même avec les Axs, tous les tirages ne sont pas jouables et tous les tirages jouables ne sont pas à jouer et il est parfois nécessaire de coucher un tirage sur un flop qui semblait favorable. Par exemple, 6 joueurs voient le flop J♠9♣3♣. Le big blind call et un joueur call. Un joueur détient K♣T♣. Du fait d’un raise préflop, le pot contient 12 big bets, dès lors, avec ses 12 outs KTs a près de 50% de chance de s’améliorer à la turn ou à la river, raiser est ici la meilleure solution dès lors qu’il s’agit d’un raise for value. De ce fait, pour un joueur détenant Q♣9♣ il est préférable de trouver le flop A♣T♣6◊ que le flop A◊T♣6♣, car dans le dernier exemple, il sera difficile de faire folder une main comme A♣2♣.
Contre plus de trois adversaires, il est souvent préférable de maintenir la plupart des joueurs dans le coup pour obtenir un pot odds de 4 :1 à la river
. Ainsi, depuis les premières positions, il est souhaitable de checker lorsqu’il y a eu un préflop raiser. Le joueur qui détient un tirage doit généralement checker et caller. Cependant, la plupart des joueurs raise ou bet les flush draws. Il ne doit pas s’agir d’une théorie générale des flush draws. En effet, better ou raiser en dernière position est possible une fois sur deux en tight games où il y des chances raisonnables de remporter le pot immédiatement ou d’obtenir une free card. Par contre, si le pot est encore petit et qu’il reste plusieurs joueurs à s’exprimer, il souvent préférable de se contenter de caller sauf si le joueur à la certitude qu’au moins trois adversaires vont caller le raise. La seule limite concerne les small flushs qui doivent toujours être bettées pour se prémunir des dangers d’une free card. Le joueur qui détient un flush draw doit faire en sorte de se voir proposer un pot odds de 4 :1 à la river. Dès lors charger le flush draw n’est possible que pour obtenir une free card ou si il y a de bonne chance de maintenir deux ou trois callers. Si le joueur était le préflop raiser, betting out est généralement la meilleure solution y compris depuis les premières positions. Lorsque le joueur détient plus de 9 outs, comme avec A♣4♣ sur le flop Q♣T♣♥, la présence d’une overcard offre 1.5 Oe supplémentaire et permet dès lors de relancer au flop.Si check caller est une option raisonnable avec 9 outs, il est recommander de raiser fréquemment avec ce type de tirage en tight games. En premier lieu, si il y a déjà 3 callers, il est possible de relancer dès lors que la taille du pot est suffisante. De même depuis les premières positions il est possible de check raiser dans les mêmes conditions. Ici la relance doit viser à obtenir une free card à la turn. D’une manière générale, le check raise (ou le raise) est la solution la plus adaptée lorsque le joueur détient des outs supplémentaires. De même, il est toujours correct de better au flop depuis les dernières positions avec un flush draw. Dès lors que le joueur détient 15 outs, reraiser est une option à prendre en considération, cependant la taille du pot et le nombre d’adversaires peuvent inviter le joueur à attendre la turn pour faire preuve d’agressivité. Dans les jeux plus passifs, checker est souvent une erreur, et betting out est la meilleure solution dès que le joueur détient, outre un tirage, une overpaire ou la top paire top kicker. Cependant, même avec 12 outs, il est parfois préférable de se contenter de caller, par exemple pour un joueur détenant A♥Q♥ sur le flop K♣J♥4♥ où il est possible de caller pour maintenir les petites couleurs. De même avec K◊6◊ au big blind après 4 limpers sur le flop 8◊7♣4◊, better est la meilleure solution car K6s dispose de 15 outs en comptant l’overcard. La gestion des flush draws appelle des considérations spécifiques lorsque le flop est monochrome. Sur le flop A♥K♥T♥, il n’est possible de poursuivre à la turn que si le joueur détient Q♥Xx ou XxJ♥. Sur ce type de tirage il est indispensable de détenir une des deux plus hautes cartes masquées de la couleur. Par exemple, le flop 9♥7♥3♥, un joueur détient A♥9♣ face à trois adversaires et le préflop raiser raise au flop. A♥9♣, au big blind, est face à un pot odds de 6 :1 et n’a pas d’intérêt à maintenir des adversaires dans le coup dès lors qu’il détient la top paire top kicker. Ainsi la meilleure solution est de reraiser. Ce type de flop n’engendre en général qu’une faible agressivité de la part des adversaires donc il est souvent souhaitable de check caller si un raise ne permet pas de gagner le pot immédiatement car le pot final aura probablement une taille réduite. Ainsi, lorsque le joueur décide de raiser au lieu de caller il doit prendre en compte la probabilité d’obtenir une free card ou d’acheter le bouton. En outre, le joueur doit évaluer combien de joueurs, en particulier les weak draws, sont susceptibles de se maintenir et d’alimenter le pot.
*
Si en head up, les flush draws doivent régulièrement être foldés, en multiway la plupart des flush draws sont jouables mais better et raiser les flush draws ne doit pas être automatique. En effet, le fait d’être au bouton, la possibilité de remporter le pot immédiatement ou la possibilité de bénéficier d’une free card sont des conditions necessaires pour autoriser le joueur à charger le flush draw.
Pour aller plus loin :
- On measuring hands, A. Prock, A Slave To Variance
- Bigger Flushes, K. NG, R.G.P.
- Hand Potential, Denis Papp, UA Games Group
- Clarkmeister's Flush Theorem, 2+2 et quelques mises en situation.
- Playing the Flop, J. Brier, Cardplayer
- Missed a Bet, Lost a Pot, R. Cooke, Cardplayer
- Maximizing Small-Stakes Hold'em Winnings — Part VI , J. Brier, Cardplayer
- Should You Continue After the Flop?, Andrew Shykofsky, Cardplayer
- Some Tough Hands, J. Brier, Cardplayer
- Betting Into Crowds, J. Brier, Cardplayer
- Value betting with a draw, Hitheflop, R.G.P.
- Losing Flushes, B. Alspach, R.G.P.
- Paying for the flush draw.... , L. Jones, R.G.P.
- Raising on the come, A. Bostick. R.G.P.
- Raise a four-flush on the flop ?, R. Dubisch. R.G.P.
- Flush draws, E. Reuter. R.G.P.
- Backdoor Draws, J. Brier, Cardplayer
- Flopping a draw, J. Brier, Cardplayer
- Playing on the Come, J. Brier, cardplayer
- Letting Them In, R. Cooke, cardplayer
- Going Too Far & Implicit Collusion, A. Morton, R.G.P.
- Theory of Sucking Outs, A. Jalib
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- Poker essays vol. I de M. Malmuth sur amazon.fr
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- The complete book of holdem de G. Carson sur amazon.fr
- Internet texas holdem de M. Hilger sur amazon.fr
- Small Stakes Hold 'em de E. Miller, D. Sklansky et M. Malmuth sur amazon.fr
- Super system II de D. Brunson sur amazon.fr
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13 février 2005
La Turn, tournant
Maîtriser le jeu à la
turn
serait ce qui "separates the men from the boy" à en croire les experts. Jouer à la turn est effectivement parfois complexe et la valeur de la main, le nombre d’adversaires, et le comportement du joueur lors des tours précédents sont autant d’éléments qui doivent guider le joueur dans la décision à prendre lors de ce quatrième tour d’enchères. A la turn, les joueurs jouent en général en se fondant sur la valeur réelle des mains. Il est rare de sous-jouer à la turn et il est moins fréquent de voir des joueurs bluffer à la turn en loose games. Cependant, le semi-bluff est une stratégie très régulièrement employée à ce stade du coup. D’autre part de nombreux joueurs ont tendance à abuser du free card raise au flop avec tout type de main, même des weak draws. Dès lors, leurs adversaires tendent à attendre la turn pour raiser et dévoiler la force de leurs mains ce qui renforce encore la légitimité des raises à la turn.* *
Depuis la publication des premiers ouvrages de D. Sklansky, jouer à la
turn
peut se résumer à jouer agressivement les made hands et d’une manière générale les mains ne disposant que de peu d’outs, et à jouer passivement les mains qui disposent de nombreux outs comme les tirages. L’agressivité est une des clefs du jeu à la turn, mais il ne faut pas abuser des turn raise pour qu’ils restent respectés. Cependant, il est possible de raiser à la turn avec une made hand, avec une main qui à de très fortes chances de s’améliorer ou contre des joueurs passifs (avec l’intention de checker la river) et des joueurs agressifs dans le cadre du delayed bluff. Une situation classique met en jeu un joueur qui après avoir raisé préflop avec TT/AQs/AKo à jouer agressivement la top paire ou l’overpaire au flop. Dans cette situation, il convient en général de better/raiser. Le check-raise est également une bonne option. Cependant, le check-raise sera à privilégier depuis les premières positions et/ou en multiway pot. Il faut éviter de le pratiquer si souvent que les adversaires vont nécessairement l’anticiper et ne better qu’avec de très -très- bonnes mains. D. Sklansky recommande de check-raiser avec 60% des mains. Pour varier le jeu, il convient également de checker certaines made hands pour que le joueur soit plus difficile à lire pour ses adversaires. Le joueur placé dans une position défavorable devra encore plus souvent better, et ce, même si le tableau ne semble pas particulièrement favoriser les tirages car il a de bonne chance de gagner le pot immédiatement. Lorsque le tableau est très favorable aux quintes et aux flushs, la même stratégie s’applique, cependant, il conviendra souvent de folder la main si un adversaire check-raise comme lorsque le joueur bets avec AK mais qu’un adversaire raise le tableau K◊Q◊5♣9◊. Par ailleurs avec une bonne main, comme deux paires, alors que le tableau favorise les tirages, il est préférable de check-caller pour espérer trouver un full à la river. Cependant, contre moins de trois adversaires, better avec deux paires sur ce type de tableau est souvent la meilleure solution. Par exemple, le joueur détient A♠A◊ sur le tableau T♥8♣4♣6♥ face à 4 adversaires, ici il convient de better car AA est probablement la meilleure main et de checker si à la river apparaît un ♣ ou un 7. Il serait une erreur de checker la turn et better la river si aucune de ces cartes n’apparaît car les adversaires pourraient bénéficier d’une carte gratuite. Un cas moins favorable est celui du joueur ayant QQ sur le tableau 762K avec 3 adversaires. Ici le K peut apparaître comme une scare card mais autant pour le joueur que pour ses adversaires. Si le joueur a jouer QQ très agressivement depuis le début du coup il est nécessaire de better malgré le K. Par exception, seule la taille du pot peut justifier de checker une made hand à la turn dès lors qu’aucun joueur ne semble sur un tirage et qu’il y a peu de scare cards. Ici checker, vise à inviter l’adversaire à better la river avec, par exemple, la seconde paire.| vs bettor | 2 outs | 3 outs | 4 outs | 5 outs |
|---|---|---|---|---|
| 80% | 3 | 1 | <1 | <1 |
| 70% | 7 | 3 | 2 | 1 |
| 60% | 11 | 6 | 4 | 2 |
| 50% | 18 | 11 | 7 | 5 |
| 40% | 26 | 16 | 11 | 8 |
| 30% | 39 | 25 | 18 | 14 |
| 20% | 62 | 40 | 29 | 23 |
Si dès les limites à $2/$4, la turn se joue souvent en head up, il est fréquent de se retrouver face à deux adversaires, l’un sur un tirage, l’autre détenant une made hand. Afin de maximiser l’e.v. à ce stade du coup A. Jalib à élaboré une table qui dérive des travaux d’Andy Morton. La table ci-dessus illustre la stratégie à adopter lorsque le joueur se trouve avec à sa droite une made hand et à sa gauche un joueur sur un weak draw. La conclusion des travaux d'A. Jalib est que le joueur doit raiser s’il est nécessaire de faire folder le weak draw. Par exemple, si l’adversaire en late position à un tirage à 4 outs, le joueur devra raiser si il estime avoir une chance sur deux de battre le bettor dès que le pot contient 7 big bets. Dans ce cas, même si l'adversaire n’a pas le pot odds suffisant pour caller, le joueur à intérêt à le voir folder rompant ainsi avec le théorème fondamental du poker. Ainsi, l’agressivité est la meilleure stratégie lorsque le joueur détient une main qui à des chances raisonnables de s’imposer. Suivant la nature de la main, l’agressivité vise plutôt à grossir le pot ou à défendre à la main. Cependant, l’agressivité peut également être la meilleure stratégie lorsque le joueur dispose d’une main faible ou très vulnérable à ce stade du coup. Il s’agit par exemple du joueur qui a AK en main mais que la main ne s’est pas améliorée. En premier lieu, le pur bluff est à proscrire contre des joueurs incapables de folder des mains moyennes. Ensuite, le nombre d’adversaires doit être réduit à un ou deux. Enfin, si il convient en général de better lorsque le joueur est en dernière position et que tous les adversaires ont checké, il faut prendre en compte la possibilité qu’un adversaires check-raise ce qui pourra contraindre un joueur détenant un tirage à folder alors qu’il aurait pu voir la river en checkant. Par exemple sur le tableau J♣7♥5♠A◊, en head up, le joueur détenant JTs à intérêt à better pour faire folder T9s mais devra folder face à un raise dès lors que l’adversaire peut avoir AJ, A♣K♣ ou même 77. En particulier, les joueurs ont légitimement intérêt à check-raiser la turn lorsque leur main s’améliore fortement si un de leur adversaire à été agressif au flop. En effet, le joueur qui a été agressif au flop va probablement re-better la turn, dès lors le check raise à toutes les chances de fonctionner.
Lorsque le joueur est sur un tirage, il convient en général de checker mais better est possible avec plus de 9 outs, car même si les adversaires ne foldent pas, la main conservent des chances de s’améliorer à la river. Mais, avec un tirage comme avec une main dont la valeur est incertaine, il est nécessaire de checker et caller. Cependant, outre le pot odds, il faut prendre en compte la probabilité que même si la main s’améliore à la river, elle peut ne pas s’imposer, comme lorsqu'un adversaire obtient une couleur qui donne une meilleure couleur ou un full à un adversaire. De même checker et caller est la bonne solution lorsqu’un adversaire obtient sont tirage couleur à la turn mais que le joueur a en main l’as de la couleur Le semi-bluff est une bonne option à la turn quand le joueur dispose d’un tirage non classique, c’est à dire avec plus de 9 outs. Par exemple, avec K♥T◊ sur le tableau 9♥8◊3♠J♥ en head up, un raise peut paire folder Q9 ou AK. Et si l’adversaire call, KTo dispose encore de 11 outs pour s’améliorer et s’imposer. Afin de déterminer, si il convient ou non de caller avec une main marginale ou un tirage, A. Jalib recommande de caller dès lors que le montant total (estimé) du pot à l'abattage plus un multiplié par le nombre d'outs dépasse 48. Cependant, globalement, il convient de check-caller un big bet avec 8 ou 9 outs dès lors que le pot odds est de 5:1 et de raiser avec plus 12 outs. Dans le même sens K. Yao à élaboré la méthode D.I.P.O. qui reprend le système d' Abdul Jalib.
Lorsqu’un adversaire relance à la turn, il faut considérer que le raise est légitime. Hors du cas des joueurs très agressifs, les joueurs expriment la réelle valeur de leur main à la turn et une relance implique généralement que le joueur ait des chances réelles de s’imposer à l’abattage. En conséquence, face à un raise, avec un set ou mieux les deux alternatives sont call ou raise mais avec des mains plus fragiles, les deux alternatives sont fold ou call. Ainsi, si un adversaire raise après un bettor et un caller, il convient souvent de folder des mains comme la top paire. A. Prock précise que "is that when you are raised, it is preferable to hold a hand like second pair good kicker than a hand like top pair bad kicker. You'll beat the same number of bluffs, but if you're beat you'll have more outs. In fact, if you are raised on the turn when holding top pair, bad kicker, you might consider folding. More to the point, if you hold second pair good kicker, you should also consider folding. Again, kicker issues are such that your effective outs are well below the five you might be counting on to make a call/call down profitable". Il en va de même si le joueur est en late position avec une main comme JJ sur un tableau QT82 après plusieurs callers. Ainsi, un raise à la turn exprime généralement une bonne main. Mais si certains ne bluffent jamais d’autres le pratiquent plus que de raison. Face à un turn raise, il est donc indispensable d’analyser les habitudes des adversaires. Par exemple, avec AJo et le tableau 8♣5◊3♠A♠ dans un 3-way pot. AJo bet en late position puis un adversaire check raise et un autre fold offrant à AJo un pot odds de 7 :1. Face à AK-AQ ou A8, AJ ne dispose que de trois outs et devrait jouer dans un coup à 15 :1. AJo n’est jouable que si l’adversaire à A5, A3, JX ou 8x, ce qui est peu probable et il convient donc de folder la top paire. Cependant, en général, même face à un raise, il est rare de devoir folder la top paire ou une overpaire si le tableau n’est pas connecté ni bicolore ou contre quelques adversaires si il n’y a pas plus de deux cartes du tableau dans la playing zone. Ainsi, à la turn, il est nécessaire de rééxaminer toutes les informations divulguées aux tours précédents car en bettant la turn, le joueur peut ensuite avoir à caller un big bet supplémentaire avant la river.
*
En conclusion, il vaut mieux better la turn et checker la river que checker la turn et better la river pour éviter d'accorder une free card. Par ailleurs, trop de joueurs ont tendance à check-caller avec des mains légitimes, or better la turn permet de gagner de nombreux pots immédiatement. Et, si en dernière position, le joueur doit better la plupart de ses mains, out of position, il doit checker la plupart de ses mains dès lors qu’il à l’intention de check-folder, check-caller ou check-raiser for value dès lors qu’il dispose d’une made hand ou de plus de 15 outs.
Pour aller plus loin :
- Fading Turn Raises, A. Prock, A slave to variance.
- Some Late-Position Play, J. Brier, Cardplayer
- Turn play with made hand, Fil de discussion, R.G.P.
- Play on the turn, A. Jalib, R.G.P.
- Counterintuitive Play BTF and On the Turn, T. Perry, R.G.P.
- Turn and river decisions, T. Perry, R.G.P.
- Defending against semi-bluff turn raises, A. Jalib, R.G.P.
- Mason Malmuth 30/60 Holdem Turn Play, T. Perry, R.G.P.
- More turn stuff, A. Jalib, R.G.P.
- Turn problem, J. Morgan, R.G.P.
- Dealing with scare cards on the turn, T. Perry, R.G.P.
- How to deal with aggressive pot-stealers?, M. Hall, R.G.P.
- Should you Bet a Scary turn, B. Tanenbaum, Cardplayer
- Raising on the Turn, B. Tanenbaum, Cardplayer
- Getting the Most Out of the turn and River, D. Kimberg, Cardplayer
- Drawing for Scare Cards, D. Kimberg, Cardplayer
- Getting Played on Fourth, J. Brier, Cardplayer
- Betting the Turn 1, J. Brier, Cardplayer
- Betting the Turn 2, J. Brier, Cardplayer
- Fourth-Street Play, J. Brier, Cardplayer
- Some Fourth-Street Play, J. Brier, Cardplayer
- Turn Betting, J. Brier, Cardplayer
- Theory of Sucking Out, A. Jalib, POS.E.V.
- Going Too Far & Implicit Collusion , A. Morton, R.G.P.
- Essay #3... Opportunity Lost , A. Jalib, R.G.P.
- Hold'Em Poker for Advanced Players de M. Malmuth et D. Sklansky sur amazon.fr
- Weighing the Odds in Hold’em Poker de K. Yao sur amazon.fr
- Middle limit holdem de B. Ciaffone et J. Brier sur amazon.fr
- Poker essays vol. I de M. Malmuth sur amazon.fr
- Real Poker I et II de R. Cooke sur amazon.fr
- The complete book of holdem de G. Carson sur amazon.fr
- Internet texas holdem de M. Hilger sur amazon.fr
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- Super system II de D. Brunson sur amazon.fr
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12 février 2005
Les mains dynamiques
La
dynamique des mains
serait le concept le plus sous-estimé par les joueurs de poker selon B. Ciaffone. En effet, le nombre d’adversaires, le style des adversaires et la position des joueurs, entre autres, influencent fortement la valeur des mains quel que soit leur rang dans la hiérarchie des mains de départ. Le dynamisme des mains se manifeste avant l’apparition du flop mais plus encore lorsque les trois premières cartes du tableau sont dévoilées.* *
En premier lieu, la
dynamique des mains ne produit pas le même effet sur toutes les mains de départ
. Les paires comme AA/KK/QQ/JJ sont les mains les plus stables. En effet, dans plus de 95% des cas KK est la meilleure main préflop et plus de 80% des flops sont favorable à AA et KK. Par contre la situation de QQ et JJ est plus instable puisque si ces mains sont souvent les meilleures mains préflop, elles ne trouvent un flop favorable qu’une fois sur 2 en loose games, c’est à dire avec 5 ou 6 joueurs au flop. Dès lors, le premier aspect de la dynamique des mains fait apparaître une dichotomie entre la valeur préflop et la valeur postflop des pockets paires. Ce constat est encore renforcé avec les plus petites paires comme 99 dont la valeur endogène est très souvent surestimée car ce type de paire a le plus souvent, aux petites limites, besoin de s’améliorer pour s’imposer. Cependant, les paires, comme les autres mains de départ comme KQo ne perdent pas de valeur en loose games, au contraire elles gagnent de la valeur mais moins que d’autres mains comme AQs qui sont encore plus performantes en loose games qu’en tight games. Ainsi, c’est parcequ’elles sont assez instables au flop, que les paires, en particulier QQ-99, doivent être jouées agressivement préflop.Ensuite les connecteurs comme AK ou les mains comme AQ sont
des mains plus sensibles et plus dynamiques
. AK en particulier, est dans bien des cas la meilleure main préflop et même face à une paire comme JJ, AK n’est pas réellement handicapée préflop. Cependant, la valeur réelle de AK ne peut être réellement évaluée qu’après l’apparition du flop. En effet, préflop, AK ne doit, dans la plupart des situations, être couchée que face à AA ou KK. Au flop, il convient dans 60% des cas de dévaluer AK. Si en short-handed ou en tight games, il est possible sous certaines conditions de pousser AK à la turn avec 6 outs, il faut souvent, en loose games, folder deux overcards au flop car ces mains n’ont trop souvent que 3 effective outs. D’autre part, une main comme AQ est particulièrement dynamique. La plupart des joueurs ont conscience que la nature du flop impacte très fortement sur la valeur de AQ, ces mêmes joueurs n’ont souvent pas conscience du dynamisme de AQ préflop. Face, à un tight raiser préflop, AQ devra très souvent être foldée. En effet, un tight raiser à au minimum TT/AQs/AKo. De ce fait, AQ à toutes les chances d’être face à une big pocket paire et encore plus souvent face à AK. Quel que soit la main de l’adversaire qui raise essentiellement avec des mains du groupe 1, AQ ne dispose, au mieux, que de 3 outs ce qui doit conduire son détenteur à folder. En outre, que la main soit assortie, ou non, est un des principaux déterminants de la valeur des mains. Ainsi, AQo devra souvent être foldée après un early limper et trois callers, par contre AQs méritent une relance après 4 ou 5 limpers et, après un limper, détenir AQo impose souvent de relancer pour créer un 3-way pot ou un duel. Le nombre de joueurs entrés dans le coup impacte donc sur la valeur des mains de départ.Les médiums ou les petits connecteurs sont
les mains les plus dynamiques
. Au contraire des mains comme AA ou AK qui perdent en stabilité au flop, les mains comme 87s se réalisent essentiellement au flop, et même post flop. En effet, 87s est unemain spéculative
qui n’a qu’une faible valeur préflop et elle ne peut être jouée que lorsqu’elle dispose d’une cote implicite suffisante. Dès lors, même si 87s est la main la plus résistante contre AA en head up, elle a une e.v. négative dans tous ses duels contre des mains des deux premiers groupes. En conséquence, 87s est une main qui ne doit, hors déception, être jouée que dans les multiway pots. 5 callers préflop sont nécessaires pour que cette main soit jouable, et seul un flop favorable, flush draw ou straight draw, autorise les joueurs à pousser cette main à l’abattage. Il faut également évoquer le cas des Axs qui sont souvent surclassés par les joueurs car hors de 5% des tableaux ou Axs permet d’obtenir la meilleure flush, Axs est souvent en difficulté. En loose games, en particulier, la top paire au flop est en difficulté avec un faible kicker, et obtenir deux paires au flop avec Axs peut ne pas être suffisant. Ainsi, les Axs sont très instables en multiway. De ce fait, il faut souvent coucher ces mains après plusieurs limpers et relancer après un limper pour l’isoler car les Axs ont une e.v. positive contre deux adversaires ou moins.En 1995, une discussion sur R.G.P. à fait apparaître la
dynamique des mains de départ
dans une discussion ou il était proposer aux joueurs de déterminer entre AJo et 87s qu’elle est la meilleure main dans différents scénarios. Il en ressort que pour un joueur au bouton après 5 limpers il est préférable de caller avec 87s qui se comporte bien en multiway pot et encore mieux lorsque le joueur à une bonne position. Si mathématiquement, AJ reste pourtant la meilleure main dans ce type de situation, il est préférable de jouer 87s car il sera plus facile de déterminer la valeur de la main au flop même si l’absence de raise préflop peut laisser supposer qu’aucun joueur n’a JJ/AQs/AKo ou mieux et que, dès lors, avec top paire probable top kicker au flop, AJo aurait 75% de chance de s’imposer à l’abattage. Ainsi, avec la certitude que AJ n’est pasdominée
, il est possible de relancer si le raise réduit significativement le nombre d’adversaires. Dans un autre scénario, le joueur est au bouton après un limper. Si 87s n’est pas jouable dans ce type de situation même si les blinds callent, AJ ne peut être foldée dans ce type de situation. Le problème consiste à déterminer s’il convient de limper ou de raiser avec AJ. Le plus souvent, raiser sera la meilleure solution pour faire folder les blinds. Cependant, folder AJo sera malgré tout possible après un -très- tight limper UTG. Par ailleurs, après 2 limpers, si le joueur est M/L position, il sera souvent nécessaire de folder 87s comme AJo. Cependant, lorsque AJo sera jouée, il conviendra de raiser pour isoler les early limpers et acheter le bouton. Par ailleurs, 87s pourra être jouée en loose passive games.*
En conclusion,
la valeur des mains est relative
et doit être constamment réévaluée tout au long du coup. Chaque action de chacun des adversaires à un effet positif ou négatif sur la valeur de la main.Pour aller plus loin :
- Do holdem hands change value ?, fil de discussion, R.G.P.
- Improve your Poker de B. Ciaffone sur amazon.fr
- The complete book of holdem de G. Carson sur amazon.fr
- Super system I de D. Brunson sur amazon.fr
03:05 Publié dans stratégie-sujets-variés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poker-strategie-freeroll
10 février 2005
La position
A la différence d’autres formes de poker, comme le seven card stud, le
texas holdem
est un jeu àposition
fixe. Le jeu étant à position fixe, le bouton est le dernier joueur à se prononcer tout au long des quatre tours d’enchères. Dès lors, il peut ajuster sa stratégie au regard des informations distillées par ses adversaires. Associée à une bonne sélection des mains de départ, une bonne gestion de la position est suffisante pour permettre aux joueurs de réaliser un profit aux petites limites.* *
La position la plus inconfortable
est celle du joueur UTG qui est le premier à s’exprimer. Le joueur en première position ne peut jouer qu’un nombre restreint de mains. Hors des loose games où le comportement des joueurs est largement prévisible, le joueur UTG ne peut jouer que les mains des deux ou trois premiers groupes. Il est souvent difficile de jouer régulièrement, hors deception, des mains comme T♠9♠ dès lors que le joueur n’a pas une idée précise du nombre de joueurs qui vont contribuer au pot et ne sait pas plus si un joueur à l’intention de relancer parcequ'il dispose d’une premium hand. Les joueurs aux blinds sont en premières positions après le flop, mais cette mauvaise position est compensée par leur faible contribution au pot avant l’apparition du flop, en particulier si le pot n’a pas été relancé car le pot odds des joueurs au blind est alors au minimum de 3 :1 si le jeu n’est pas trop tight. Pour compenser les inconvénients de leur position, les joueurs qui sont aux premières positions peuvent avoir recours à des stratégies comme le check-raise ou le bluff qui est plus difficile à déceler chez un joueur en première position.Le joueur en
dernière position
, qu’il ait été dès le départ du coup au bouton ou qu’il ait acheté sa position détient la meilleure position. En effet, le bouton possède un avantage certain sur ses adversaires. Préflop, le bouton sait combien de joueurs ont déjà contribué au pot et il sait si un joueur à relancé. En conséquence, il dispose d’une grande latitude dans sa sélection des mains de départ. Si il y a déjà plus de quatre limpers, il peut jouer des mains comme 8♥7♥, après un early raiser il pourra folder sans regret une main comme A♣Q♠, et si plusieurs joueurs ont caller un early raise, il pourra suivre avec 6♣6◊. Ainsi, le joueur au bouton peut jouer davantage de mains que les joueurs aux premières positions et il peut folder de bonnes mains qui sont très probablement dominées. La principale information à la disposition du bouton reste la taille du pot.Au delà de la position absolue, il faut également prendre en compte la
position relative
. La position relative vise la position des joueurs par rapport aux autres et dans un coup spécifique la position des joueurs par rapport au raiser. Ainsi, un joueur a tout intérêt à avoir les joueurs tight passive à sa gauche et les joueurs les plus loose à sa droite. En général, il est préférable d’avoir le raiser à sa gauche en tight games pour pouvoir créer des situations de head up. Cependant, avoir le raiser à sa droite permet d’être informé de la valeur de sa main à chaque tour d’enchère. La "position relative to the raiser
" désigne la situation dans laquelle le joueur est le dernier à agir après le raiser, c’est à dire lorsque le joueur est à la droite du raiser. Le joueur dans cette position dispose de plusieurs options. Il peut décider de better, en espérant un raise du raiser qui va décourager les adversaires qui pourront difficilement caller deux small bets, et donc créer un head-up. Une telle stratégie s’applique entre autre lorsque le joueur détient la second best hand. Une autre stratégie consiste à check raiser avec une très bonne main pour faire gonfler le pot.*
La position est donc un des plus importants des concepts applicables au texas holdem. En particulier, le joueur qui bénéficie d’une
bonne position peut jouer beaucoup plus de mains
, les jouer plus agressivement et voler davantage de pots. Cependant, en loose games et d’une manière générale aux petites limites, la position perd de son intérêt et procure un plus faible avantage au joueur au bouton. Cependant, il faut conclure avec M. Caro que "if a good player has position against a great player, the good player will win".Pour aller plus loin :
- The real importance of Position in hold’em, V. Keszei, Twoplustwo magazine
- Maximizing Profit By Playing Your Position, M. Caro, Poker1
- About position, R. Slotboom, WPTinsider
- Essay #1... Position relative to the raiser, A. Jalib, R.G.P.
- Improve your Poker deB. Ciaffone sur amazon.fr
- Middle limit holdem de B. Ciaffone et J. Brier sur amazon.fr
- Poker essays vol. I de M. Malmuth sur amazon.fr
- Real Poker I et II de R. Cooke sur amazon.fr
- The theory of poker de D. Sklansky sur amazon.fr
10:20 Publié dans stratégie-sujets-variés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poker-strategie-freeroll
Les mains de départ
| Probabilité de recevoir | % | x : 1 |
|---|---|---|
| AA | | 220 : 1 |
| KK | | 220 : 1 |
| Une paire | | 16 : 1 |
| AKs | | 331 : 1 |
| AA, KK, QQ ou JJ | | 55 : 1 |
| AK | | 110 : 1 |
| 2 paint cards | | 10 : 1 |
| 2 connecteurs assortis | | 46 : 1 |
| 2 cartes assorties | | 3.1 : 1 |
| Ax | | 5.7 : 1 |
1326 combinaisons
possibles, les mains de départ sont traditionnellement regroupées en169 mains
dès lors que l’on considère que rien ne distingue J◊ J♠ de J♥ J♣, ou 7◊ 8◊ de 7♥ 8♥ avant l’apparition du flop. Avant même de s’attarder à lahiérarchie des mains de départ
, il est indispensable de connaître les probabilités de recevoir les différents types de mains de départ. Par exemple, il apparaît que sur le long terme, un joueur reçoit AA une fois sur 221, 220 : 1. En conséquence, un joueur de poker en ligne reçoit AA en moyenne toutes les quatre heures.La primauté de AA vis à vis des 168 autres mains de départ n’est pas contestée. De même, 72o a toujours été considérée, à juste titre, comme la plus mauvaise main de départ. Au cours des années 1970, et 1980 après la légalisation du holdem en Californie qui a contribué au développement du texas holdem, s’est posée la question de savoir quelle était la hiérarchie des mains de départ. Au delà d’une simple approche descriptive, de nombreux auteurs ont tenté d'élaborer une hiérarchie entre les mains de départ. Cependant, il apparaît aujourd’hui difficile de concilier une hiérarchie stricte des mains de départ avec le caractère dynamique inhérent aux hole cards qui n’est que renforcé dans les parties aux petites limites qualifiées de "loose games" du fait de la présence de nombreux joueurs au flop.
* *
Parmi les mains de départ, il convient de distinguer 4 catégories. D’abord, les
paires
(premium, medium et small), puis les paint cards ( suited et offsuited), les connecteurs (suited et offsuited) et enfin les autres mains. Les paires de AA à JJ sont des mains puissantes s' exprimant d’abord dans les jeux les plus serrés alors que dans les loose games, elles ont tendance à perdre en stabilité. Cependant l’espérance de gain de ces paires comme pour toutes les autres mains augmente dans les loose games. Les paires de JJ à 77 sont bien souvent les meilleures mains préflop, mais elles ont besoin d’un tableau favorable pour s’imposer. Les petites paires inférieures à 66 ne sont jouables préflop que sous certaines conditions dont les principales sont l’absence de relance et la présence d’au moins 5 joueurs au flop.Les
paint cards
. Il s’agit des mains composées de deux cartes supérieures à 10. Ici, la meilleure main est AKs, cependant sa valeur s’érode très fortement dès l’apparition du flop. Pour les autres mains, KJs appartient comme KQs aux mains qualifiées de "dominated hands" car bien souvent lorsqu’un roi apparaît au flop, le kicker, ici "J" est insuffisant pour remporter le pot face à un joueur ayant AKs. De ce fait, de nombreuses autres combinaisons entre dans la catégorie des dominated hands comme KQ. Ainsi toutes ces mains, assorties ou non, sont à jouer précautionneusement. Les mains non assorties sont également de très bonnes mains même si KQo et AJo sont quasiment injouables out of position. Lesconnecteurs
sont les mains du type de 8♣7♣ ou 8♥7♠. Ils suivent d’une manière générale le régime applicable aux petites paires en ce qui concerne le jeu pré-flop, même s'ils résistent moins bien dans les jeux agressifs. S’il convient de privilégier les connecteurs assortis, certains comme B. Ciaffone préfèrent les connecteurs non assortis qui sont plus faciles à coucher post flop. Dans tous les cas, ces mains sont dites spéculatives et elles ne doivent être jouées que lorsque les implied odds sont importants, c’est à dire dans les loose passive games. Parmi les autres mains, il faut signaler à titre principal les Axs qui bien que jouables sont souvent surestimés par la plupart des joueurs. Ces mains n’ont de valeur qu’en tant que drawing hands.Les travaux de D. Sklansky depuis 1976 ont visé à rationaliser l’approche théorique des mains de départ. Le système de référence des mains de départ est celui présenté dans Hold'Em Poker for Advanced Players, ou dans Small Stakes Hold 'em pour ce qui concerne la sélection des mains de départ en loose games. D. Sklansky et M. Malmuth ont élaboré une théorie des mains de départ, le "
starting hands ranking
", reposant sur l’existence de 8 groupes de mains de départ. Le groupe 1 représente les meilleures mains, jouables dans la quasi-totalité des situations, et le groupe 8 rassemble les mains jouables dont l’espérance de gains est la plus faible, voire négative dans la plupart des situations.| Groupe 1 | AA | KK | JJ | AKs | ||||||||
| Groupe 2 | TT | AQs | AJs | KQs | AK | |||||||
| Groupe 3 | 99 | JTs | QJs | KJs | ATs | AQ | ||||||
| Groupe 4 | T9s | KQ | 88 | QTs | 98s | J9s | AJs | KTs | ||||
| Groupe 5 | 77 | 87s | Q9s | T8s | KJ | QJ | JT | 76s | 97s | Axs | 65s | |
| Groupe 6 | 66 | AT | 55 | 86s | KT | QT | 54s | K9s | J8s | 75s | ||
| Groupe 7 | 44 | J9 | 64s | T9 | 53s | 33 | 98 | 43s | 22 | Kxs | T7 Q8s | |
| Groupe 8 | 87 | A9 | Q9 | 76 | 42s | 32s | 96s | 85s | J8 | J7s | 65 54 | |
| 74s | K9 | T8 | 43 |
La notion de groupe est particulièrement utile pour simplifier les analyses et les réflexions. Cependant, au sein d’un même groupe sont présentes des mains avec des caractéristiques très différentes. Ainsi, lors d’analyse spécifique, la notion de groupe devient caduque. Il en va ainsi, par exemple, de 98s qui dans de nombreuses situations suit le régime des mains des groupes 6 et 7.
Un des principaux apports à la doctrine pokerienne consiste en un essai publié sous le nom de plume d’ Abdul Jalib par M. Hall. Cet essai n’est pas en lui même une remise en cause des travaux de D. Sklansky car il ne s’agit pas d’un "starting hands ranking" mais d’un "
opening hands ranking
" ainsi pour l’essentiel l’essai de A. Jalib vient compléter le systeme de D. Sklansky. M. Hall reprend à son compte les principales critiques formulées à l’encontre du starting hands ranking de D. Sklansky et M. Malmuth. L’analyse de A. Jalib, fondée sur des simulations, remet en cause deux aspects des travaux de D. Sklansky que sont la valeur des paires et des suited connector. En premier lieu, l’essai de M. Hall remet définitivement en cause un des mythes du poker qu’est l’importance dessuited connectors
. En effet, les premières études consacrées aux mains de départ reprenaient une vieille croyance qui voulait que JTs soit au moins une aussi bonne mains que AKs. Le mythe JTs a perduré y compris chez D. Sklansky jusqu’en 1998. D’une manière générale, D. Sklansky tend à surclasser les suited connectors. Ensuite, Hold'Em Poker for Advanced Players tend à sous estimer les paires médianes comme JJ. D’autres critiques ont été formulées à l’encontre de Hold'Em Poker for Advanced Players comme le biais dans l’analyse de M. Malmuth de la valeur relative des mains de départ en loose games.Aujourd’hui, sur la plupart des sites de poker en ligne, le jeu pratiqué peut être qualifié de
loose passive games
ou même de stupid-loose selon l’expression de M. Malmuth. En loose games, il est indispensable d’adapter son style de jeu à celui de la table. D’une manière générale, en loose games, il est possible de jouer davantage de mains. Cependant, si la présence de nombreux joueurs post-flop autorise d’élargir le nombre de mains jouables pré-flop, il convient malgré tout de jouer plus serré que les autres joueurs. Il s’agit ici d’une illustration duhorse race paradox
. Par ailleurs, D. Sklansky dans Small Stakes Hold 'em préconise un jeu assez agressif en loose passive games avec davantage de relance pré-flop que dans un jeu standard. En outre, il apparaît aujourd’hui qu’en loose games, il convient d’ajouter une quinzaine de mains à la sélection préflop, il n’y a pas lieu, malgré les propos de D. Sklansky de retirer des mains, généralement offsuited, qui seraient instables ou perdraient de la valeur en loose games. En effet, G. Carson a mis en évidence que si les mains assorties gagnent plus de valeur que les mains dépareillées en loose games, cela ne signifie pas que les mains dépareillées perdent de la valeur en loose games. Enfin, le jeu en loose games fait apparaître clairement le concept de dynamic hand value, qui justifie la stratégie visant à jouer davantage de mains en loose games. En effet, si les mains de départ peuvent voir leur valeur varier pré-flop, elles varient surtout au flop ce qui peut souvent valoriser des mains du type T9s au détriment des mains des premiers groupes.Ainsi, pour la plupart des hole cards, la seule valeur des cartes est insuffisante pour déterminer si la main doit être jouée ou non. Plusieurs facteurs exogènes doivent accompagner la prise de décision. Le plus important est la position. En général, il convient de déterminer 4 types de positions. En early position, les joueurs sont placés à gauche du Big Blind, n’ayant aucune information sur le comportement à venir des autres il convient dans ce cas de privilégier les mains des premiers groupes. Cependant, un joueur out of position peut agir sur le comportement des autres joueurs en relançant par exemple lorsqu’il détient une main qui se comporte mieux face à un faible nombre d’adversaires. En middle position, le joueur est le quatrième à parler ou alors il reste trois joueur à parler. Ici le joueur peut adapter sa sélection de mains de départ en fonction du nombre de joueurs dans le coups et de leurs différentes actions. Enfin, les dernières positions désignent les deux derniers joueurs à parler. Il s’agit du bouton et du cut-off immédiatement à sa droite. La position est fondamentale au texas holdem. Un joueur en bonne position peut avoir une idée du nombre de joueurs présent au flop ainsi que du montant du pot. Ainsi, hors des cas ou le comportement des joueurs est prévisible, seuls les joueurs situés dans les dernières positions peuvent prendre l’initiative de jouer des mains telles que les connecteurs ou les petites paires nonobstant la nécessité pour les joueurs de varier leur jeu.
*
En conclusion, la
hiérarchie des mains de départ ne constitue pas une structure rigide
. Au contraire, la hiérarchie des mains de départ est à la fois contingente et relative. En effet, les chartes de M. Hilger et autres groupes de mains de départ de D. Sklansky, s’ils prennent en compte des éléments fondamentaux comme la position, sont parasités par les interactions entre les différentes mains et par les joueurs qui par leurs erreurs faussent l’optimum sur lequel sont fondées les différentes théories. Une illustration manifeste concerne les relations entre AK, JTs et 22 mises en évidence par G. Carson. Ce dernier fait apparaître que si AK domine largement JTs dans 63% des duels, JTs dominant 22 une fois sur deux, dans le même temps 22 sort triomphant de la plupart de ses duels avec AK. Ainsi, si la sélection des mains de départ peut devenir relativement automatique, elle ne doit pas consister en une simple application in abstracto d’une quelconque charte, elle doit également prendre en compte les spécificités de la table et les particularités des joueurs afin d’opérer une sélection in concerto des mains de départ. En outre, il ne faut pas surestimer l’importance de la sélection des mains de départ, M. Malmuth comme G. Carson rappellent d’une part qu’il est difficile d’évaluer la valeur d’une main de départ et ensuite que les groupes de mains de départ sont d’abord destinés aux joueurs inexpérimentés, à terme les joueurs doivent viser à s’écarter de ces chartes car comme le précise R. Cooke "When you have that edge over an opponent, you can play hands that are inferior to his holdings and make up any lost hand-selection edge with the equity gained from outplaying him after the flop".Pour aller plus loin :
- Hold'em Starting-Hand Basics, R. Cooke, Cardplayer
- Some of My Best Advice, R. Cooke, Cardplayer
- Hold’em Preflop Strategy, l’essai de A. Jalib
- Internet texas holdem de M. Hilger sur amazon.fr
- Middle limit holdem de B. Ciaffone et J. Brier sur amazon.fr
- The complete book of holdem de G. Carson sur amazon.fr
- Hold'Em Poker for Advanced Players de D. Sklansky et M. Malmuth sur amazon.fr
- Small Stakes Hold 'em de D. Sklansky, M. Malmuth et E. Miller sur amazon.fr
- Poker essays vol. I de M. Malmuth sur amazon.fr
- Dividing Lines, B. Ciaffone, Cardplayer.com
- Hold’em Strategy question, D. Billings, R.G.P.
- Some views on Paradise Poker, A.Jalib, R.G.P.
- Do Holdem hands change value?, Fil de discussion, R.G.P.
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05 février 2005
Les blinds
Les joueurs placés au
small blind ou au big blind
seront "out of position" au cours des trois derniers tours d’enchères. Cette situation, bien que peu enviable, est partiellement compensée par le fait que les joueurs n’ont qu’a contribuer que pour une fraction d’un small bet lors du premier tour d’enchères. Jouer depuis les blinds est complexe et nombreux sont les joueurs qui voient les bilans de leurs sessions plombés par de mauvais résultats dans les coups joués depuis les blinds. Une erreur fréquente consiste en effet à surestimer la valeur des hole cards. Or, comme le précise A. Jalib "Most hands are worth less than the blinds".* *
Un des principaux éléments à prendre en considération lorsque le joueur se trouve au blind est sa
position par rapport au raiser
. De ce fait, si un joueur est au big blind alors que deux adversaires ont contribué au pot, il est préférable d’avoir à jouer après un raiser et un caller. A contrario, il sera nécessaire de coucher davantage de main après un limper et un raiser. En effet, outre le fait que dans le second cas, l’adversaire aura à nouveau la possibilité de relancer, la première situation offre surtout au joueur l’avantage de la position par rapport au raiser lors des prochains tours d’enchères. En conséquence, dans ce type de situation, le joueur à intérêt à ne jouer que les mains qui se comporte bien en head up. Le head up va naître inévitablement si le joueur bet au flop car une relance de l’adversaire va généralement faire folder le troisième joueur.Si tous les joueurs ont foldé devant le joueur au small blind, celui-ci doit doit jouer agressivement en particulier contre un big blind tight qui va coucher sa main plus d’une fois sur trois. Dès lors, il est possible de relancer avec /22/Axs/…A6o/. Cependant, à terme, jouer trop agressivement risque, de conduire le big blind à modifier sa stratégie. Dès lors, il est préférable de modérer son agressivité pour maintenir le big blind captif sur le long terme en ne relançant que 60% des mains. Si plusieurs limpers ont déjà contribué au pot, il est possible de suivre avec la plupart des mains y compris des mains comme 85s ou T8o il est possible de caller avec 22/Axs/KXs/QXs/65s/…/. En outre, il est possible de relancer avec les mains qui se comporte bien en multiway pot comme 87s ou AQs et les meilleures mains comme QQ/AKs/…/. Après un ou deux limpers, le principe de base consiste à relancer davantage lorsque le big blind est tight et à se contenter de suivre si le big blind est loose. Face à un steal raise, il convient de reraiser avec 55/ATs/K9s/QTs/JTs/…/ et de reraiser une fois sur deux en particulier si le big blind n’est pas trop loose, dans le cas contraire il est possible de se contenter de suivre.
Au
big blind
, après plusieurs limpers, relancer est souvent une erreur. En effet, dans ce cas une relance ne doit être motivée que par la valeur des hole cards puisque raiser pour prendre le contrôle de la table est inopérant car le joueur sera out of position pour le reste du coup. Et, pour les mêmes raisons, il est préférable de se contenter de caller avec les bonnes mains car la position sera un véritable handicap jusqu’à l’éventuel abattage. Dès lors, lorsque le joueur se contente de caller préflop avec de bonne main il devra chercher à check-raiser au flop pour faire folder les limpers qui ont vu le flop avec des mains faibles. Plus il y a de limpers, plus il est nécessaire de caller et le cas échéant de relancer avec des mains spéculatives comme les AXs ou 54s. Depuis le big blind, si le pot a été relancé, il convient en général de folder les mains qui pourrait facilement être dominées en particulier si le pot peut encore être relancé. Il convient dès lors de prendre en compte la position relative par rapport au raiser avant de jouer des mains comme /…/AJo/KJo/…/. En effet, J. Feeney précise qu’une erreur fréquente consiste à relancer avec AJo depuis le big blind. En loose games, le sort de ces mains est différent puisque D. Sklansky a précisé les conditions dans lesquels ces mains sont "raisables" depuis le big blind. D’abord, les adversaires doivent être très loose, ensuite ils doivent coucher leur main une fois sur deux si le joueur raise et la chance doit être faible qu’une main comme KQ soit dominée. D’une manière générale, si le pot à été relancé, il est préférable qu’il y ait déjà au moins un caller pour pouvoir jouer les mains du type 44/.../. Du fait de l’inconvénient lié à la position, il est possible de se contenter de caller avec QQ/AKs/…/. Cependant, si le small blind est resté dans le coup il est possible de relancer avec ces mêmes mains car la présence du small blind améliore l’equity de la main du joueur.| Le raiser est: | et a : | il faut au min : | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| AA | Aks | KQs | QJs | JTs | J9s | J8s | JXs | AK | KQ | QJ | JY | J9 | J8 | ||
| Tight | 99/AJs/.AQ | 55 | Ajs | KQs | QJs | T9s | AQ | ||||||||
| Legit | 66/JTs/KQ | 22 | A2s | K2S | Q2S | 43s | 53s | 54s | 9xs | A2 | K9 | Q9 | 54 | 42 | 85 |
| Steal | 22/54s/76 | (all) | Q3 | J4 | T5 | 94 | 84 | 73 | 62 | 32 |
Lorsque le joueur est confronté à ce qu’il considère comme un
potentiel steal raise
, il est possible de caller avec 55/A9s/K9s/QJs/…/AQo/ et de reraiser une fois sur quatre. Par ailleurs, au small blind, dans cette situation il sera nécessaire de reraiser lorsque le big blind est tight. Ainsi, il faut constater un nivellement de la valeur des mains lorsque le joueur cherche à défendre les blinds et il n’y a que peu de diférence entre KQ ou 76s dans cette situation même si 76s bénéficie de nombreux extra draw out et ne sera que rarement dominée à la différence de mains comme T9s par exemple. Par ailleurs, le plus souvent le joueur doit se préparer à aller fréquemment à la river y compris avec A6o sur un flop du type KT3. Si le stealer est en middle position et qu’un adversaire a callé, il convient le plus souvent de reraiser avec 88/ATs/K9s/QJs/AQ/KQ/ et de caller avec /44/A3s/K7s/…/. Il est indispensable d’identifier le style du joueur car face à un raiser légitime, le joueur ne devra suivre qu’avec TT/AQs/…/.*
En conclusion, il est difficile de proposer une stratégie unique à appliquer lorsque le joueur se trouve aux blinds. Dans la plupart des cas, c’est le type et le style des adversaires qui dictent la stratégie à adopter.
Pour aller plus loin :
- Hold'em Preflop Strategy, A. Jalib, R.G.P.
- HOLDEM THEORY: raising out of the blinds in loose games, D. Sklansky, R.G.P.
- THEORY/HOLDEM: S&M on attacking blinds , A. Jalib, R.G.P.
- Abdul's Blind Defense Recommendations, A. Jalib, R.G.P.
- Calling raises cold, especially on the small blind in the 20-40 on PP, A. Jalib, R.G.P.
- Small Blind defense vs quality opponents, T. Weideman, R.G.P.
- Some blinds questions, A. Jalib, R.G.P
- Essay #1, Position relative to the raiser , A. Jalib, R.G.P
- Defending Your Blinds, Anonymous, 2+2
- Extra Profit In The Blinds, M. Caro, Poker1.
- Some Tips On Playing The Small Blind, M. Caro, Poker1.
- How To Get The Most Money Out Of The Small Blind Against The Big Blind , M. Caro, Poker1.
- Defending the Blinds in Limit Hold'em, Rolf Slotboom, Poker pages.
- Defending your Blinds, J. Brier, Cardplayer.
- Theorem of Blind Stealing, M.J., Teamfu
- BB to call SB raise preflop with ?, A. Jalib, R.G.P.
- How to deal with aggressive pot-stealers?, M. Hall, R.G.P.
- Big blind defense and check-raising, A. Jalib, R.G.P.
- Playing the Blinds Part I, II, III, IV, Y, Rolf Slotboom, Card player
- World Poker Open Hands Part II, J. Brier, Cardplayer
- Defending the Big Blind, A. Jalib, R.G.P.
- Blind Man's Bluff, S. Badger, P.W.P.
- The Cataclyt of Poker, S. Badger, P.W.P.
- A Thousand Miles of Blinds, S. Badger, P.W.P.
- Improve your Poker de B. Ciaffone sur amazon.fr
- Hold'Em Poker for Advanced Players de M. Malmuth et D. Sklansky sur amazon.fr
- Middle limit holdem de B. Ciaffone et J. Brier sur amazon.fr
- Poker essays vol. I de M. Malmuth sur amazon.fr
- Real Poker I et II de R. Cooke sur amazon.fr
- The theory of poker de D. Sklansky sur amazon.fr
- The complete book of holdem de G. Carson sur amazon.fr
- Internet texas holdem de M. Hilger sur amazon.fr
- Small Stakes Hold 'em de E. Miller, D. Sklansky et M. Malmuth sur amazon.fr
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04 février 2005
Middle position
Le joueur est en middle position lorsqu’il occupe la
quatrième, cinquième ou sixième position après le big blind
. La stratégie à adopter diffère fortement selon que le pot ait déjà, ou non, été relancé ou que plusieurs joueurs aient déjà limpé.* *
En middle position, il est possible de
jouer davantage de mains qu’en early position
, en particulier si tous les joueurs en early position ont foldé. Ainsi, D. Sklansky indique que les mains des 5 premiers groupes sont jouables en middle position, à savoir 77/AXs/KJs/Q9s/65s/AJo/KJo/QJo/JTo/…/. Cependant, en "stupid loose games", il sera nécessaire de jouer plus serré et de folder des mains comme KJo ou T8s.Lorsque tous les adversaires ont foldé, il convient, d’une manière générale, de coucher les mains du type 66/.../87s dès lors qu’il n’y que de faibles chances d’avoir plus de 4 joueurs au flop. Lorsque le joueur décide de jouer, se contenter de
limper est souvent une erreur et il est nécessaire de relancer
avec 77/A8s/KJs/QJs/ et même AJo, en particulier lorsque le joueur à une chance raisonnable de voler les blinds. Dans le cas contraire il est possible de se contenter de raiser avec les mêmes mains qu’en early position en ajoutant cependant des mains du type ATs/AJo/.Après un tight limper
, il est possible de relancer avec TT/AQs/…/AJo/KQo. Face à un limper plus loose, il y a n'y a pas, ou peu, à se préoccuper des risques de domination et il est souhaitable de relancer avec 55/A8s/K9s/98s/T8s/J8s/A8o/KTo/JTo/. Après deux callers, il est possible de jouer davantage de petites paires (22) et de suited connectors (65). Après un raiser, il est possible de reraiser avec QQ(JJ)/AQs/…/ mais face à un -très- tight raiser AQo devra être foldée en loose games. Si le préflop raiser est assez loose, il est possible de caller avec 99/AJs/KQs/…/. Ensuite, il est généralement correct de caller un -standard- early raise avec 99/AJs/KQs/…/.*
Jouer en middle position ne diffère du jeu en ealy position que lorsqu’il y a une bonne chance de pouvoir voler les blinds. Ainsi, en loose games, il n’y a que peu de différence avec le jeu en première position en ce qui concerne les mains "raisables".
Pour aller plus loin
- Food for thought regarding "domination", T. Weideman, R.G.P.
- Hold'em Preflop Strategy, A. Jalib, R.G.P.
- Hold'Em Poker for Advanced Players de M. Malmuth et D. Sklansky sur amazon.fr
- Middle limit holdem de B. Ciaffone et J. Brier sur amazon.fr
- The complete book of holdem de G. Carson sur amazon.fr
- Internet texas holdem de M. Hilger sur amazon.fr
- Small Stakes Hold 'em de E. Miller, D. Sklansky et M. Malmuth sur amazon.fr
- Super system II de D. Brunson sur amazon.fr
10:05 Publié dans le jeu pre-flop | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poker-strategie-freeroll
31 janvier 2005
Monster Hand
Il est toujours agréable pour un joueur d’obtenir
un carré, un full et même une couleur ou une quinte au flop
. En effet dans ce type de situation, pour un joueur ayant A3s qui voit apparaître un flop AA3 l’edge de chaque bet supplémentaire dans le pot est de presque 100%, d’où la necessité de maximiser la taille du pot. Par contre, est plus complexe la gestion d’une petite quinte ou d’une petite couleur au flop. Dans ces derniers cas, le joueur détient une très bonne main qui reste très vulnérable.* *
Lorsque le joueur trouve
un carré ou un full au flop
, il doit checher à maximiser la taille du pot. En conséquence, le joueur doit caller plutot que raiser si il reste plus de trois joueurs à se prononcer. Par contre, au bouton après plusieurs callers, il est indispensable de raiser car les nombreux callers vont généralement disposer d’un pot odds qu’ils considèrent suffisant pour caller le raise. Ainsi, l’hyperagressivité est à proscrire, plus utile est de maintenir plusieurs joueurs dans le coup pour maximiser les big bets à la turn et à la river. Il en va de même en head up. Cependant, le joueur peut jouer plus agressivement lorsqu’il a été l’agresseur préflop. En conséquence, sous-jouer, c'est à dire checker et caller au lieu de raiser est préférable en head up ou contre des calling stations. En multiway pot, il est possible de jouer plus agressivement dès qu’un adversaire semble détenir la seconde best hand.De nombreux joueurs
pensent que le full est aussi invulnérable que le carré
. Effectivement, un joueur qui détient un full au flop remporte le pot dans 90% des cas. Cependant, il est préférable de détenir 88 sur un flop 877 ou 87 sur un flop 887 que 77 sur un flop 887 ou 87 sur un flop 877. Dès lors, il est possible de sous-jouer les fulls où le joueur détient le top set et une petite paire pour maintenir les adversaires dans le coup. Par contre, le joueur ayant 88 sur un flop 8TT détient certainement la meilleure main, mais il doit jouer agressivement pour protéger sa main qui peut être battue avant la river par un autre full. En conséquence, il ne faut jamais sous-jouer un full lorsque le joueur ne détient pas le top set.Obtenir une
couleur au flop
est très satisfaisant mais toute les couleurs n’autorisent pas son détenteur à sous-jouer. En effet, il est très différent sur un flop Q♥7♥4♥ de détenir la main A♥T♥ ou la main J♥9♥. Ainsi, lorsqu’un joueur détient la couleur max, il n’a d’autres options que de sous-jouer en espérant qu’un ♥ apparaisse à la turn. Par contre, lorsque le joueur ne détient ni l’as, ni le roi de la couleur, sous jouer est une erreur et il faut jouer agressivement au flop et plus encore à la turn où il sera possible de faire folder les chasers. En conséquence, avec la meilleure couleur, il convient de sous jouer. Avec une petite ou moyenne couleur, si il est possible de sous jouer les petits pots et de raiser la turn si elle n’est pas une scare card, il est en général préférable de jouer agressivement dès le flop ou de check-raiser si il y a encore plus de 4 joueurs à se prononcer.Il est complexe de déterminer la stratégie à adopter après avoir obtenu
une quinte au flop
. Ayant reçu A♠K♠, il n’y a aucune inquiétude à avoir devant le flop Q♣J◊T♠ et sous-jouer est impératif sauf face à un maniac. A contrario, avec K9 sur le flop QJT, sous jouer serait une erreur. Avec une main vulnérable, il faut chercher à réduire le pot odds des adversaires, en particulier en loose games. Ainsi, il ne faut que rarement sous jouer les quintes en particulier sur un flop bicolore avec plus de trois adversaires. La quinte est donc la plus fragile des meilleures made hands. En jouant agressivement au flop, les adversaires qui auraient un set ou deux paires devront se dévoiler, et le joueur pourra ensuite plus aisément déterminer en fonction de la turn et de la river si la quinte est battue par un full ou une couleur.*
Lorsqu’un joueur obtient une made hand au flop, une tendance naturelle consiste à sous jouer. En réalité, il n’existe, en particulier aux petites limites, que de rares situations où il est correct de sous jouer. Dans la plupart des cas, il convient de jouer agressivement au flop, sans attendre la turn.
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